Familles et professionnels estiment que le plan sur le vieillissement et la dépendance préparé par le gouvernement n’est pas à la hauteur de l’évolution démographique de la France.

  • Le quotidien : 70 élus qui démissionnent contre un projet de fermeture d’un service hospitalier, ce n’est pas rien ! Quel sens donnez-vous à cette initiative ?

Un rapport récent de la Drees a été largement repris dans la presse car il annonçait une baisse de l’hospitalisation des personnes âgées d’ici 2030. Cette baisse concernait surtout un scénario très optimiste et un peu un scénario médian, et reposait principalement sur un développement de l’ambulatoire. Or ce développement de l’ambulatoire ne peut se faire correctement et en toute sécurité pour les malades que s’il y a suffisamment de médecins, d’infirmières, de kinésithérapeutes pour s’occuper des malades en ville, et pour les plus âgés d’aides-soignantes ou d’auxiliaires de vie.

Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui et la situation va plutôt s’aggraver dans les années à venir si rien n’est fait au niveau national. De plus, le virage ambulatoire n’est pas du tout adapté aux plus de 75 ans, et la Drees prévoit d’ailleurs une augmentation des séjours hospitaliers pour cette tranche d’âge.

Or, dans le nouveau gouvernement qui a été nommé le 18 mai rien n’a semble-t-il été prévu pour les personnes âgées, ce qui est un premier signal plutôt négatif.

Le Dr Christophe Trivalle est chef de service SSR Alzheimer, Hôpital Paul Brousse(94800 Villejuif), AP-HP

Si la santé des populations a tendance à s’améliorer, l’être humain demeure plus que jamais tributaire de son environnement, à la détérioration duquel il contribue largement. Un scénario inéluctable ?