La gestion de la crise sanitaire s’est appuyée sur l’obligation pour chacun de se protéger et de protéger les autres, en particulier les « plus vulnérables ». [De l’évidence factuelle, aux raisons cachées… aucune innocence dans ces directives gouvernementales. MC]

Bien évidemment, en matière de santé toute augmentation est bénéfique même si nous pouvons penser qu’elle doit être supérieure tant le retard de la filière sanitaire, est important. Regrettons simplement qu’une augmentation substantielle des budgets en faveur des associations caritatives ne soient pas dans l’objectif du gouvernement ou mieux d’imposer aux entreprises une augmentation réelle, sur les salaires « de base », alors que durant la pandémie, beaucoup on fait de superbénéfices. MC

Alors que s’est ouvert ce vendredi [03 sept 2021] à Marseille le congrès d’une “Union internationale pour la conservation de la nature”, posons-nous franchement la question : qui peut croire qu’un énième barnum institutionnel nous permettra d’inverser le cours de la débâcle environnementale ?

Bienvenue en Chine occidentale ! L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les États s’emploient à convaincre de l’utilité (incontestable) du vaccin contre la Covid-19 plutôt que d’user de la contrainte.

… Nous, ceux qui sont désignés par les autorités et les médias, jusqu’à ce jour, comme des parias voués a la crécelle lépreuse… Nous qui ne sommes pas plus, ni moins susceptibles d’être des porteuses-porteurs du virus ou sa victime, mais qui NE PEUVENT PAS (MÉDICALEMENT RECONNU) recevoir le vaccin (expérimental rappelons-le) et sont (en général) des patients difficiles à soigner pour cette cause…

… Pas vraiment en matière de santé !

Non seulement la France ne dispose d’aucun vaccin tricolore contre la Covid, mais elle s’est donné tous les moyens d’arriver à ce fier résultat : elle n’a consacré que… 20 millions d’euros à la recherche d’un vaccin, là où les États-Unis claquaient des milliards (500 millions pour les seuls essais cliniques de Moderna).

Le centre de santé de Montluçon (Allier), ouvert en 2020, n’aura même pas fonctionné un an. Au-delà du fiasco, cette situation est révélatrice des problèmes qui pèsent sur la médecine : inertie de l’action publique, absence de contrôle dans les aides allouées… Bref, un système de santé en roue libre. Stop ou encore?

… Voilà ce qu’affirmait le très droitier HuffPost sur le Web, cela vous permettra de faire un constat accablant : le problème des hôpitaux du service public étaient déjà en faillite avant la pandémie. Ce n’est que grâce au dévouement de son personnel qu’il a fait dans la majorité des cas, face aux affluent de malade de la Covid… mais l’« hôpital malade » n’est pas guéri pour autant… Il est toujours victime du manque de financement. MC

Dans notre série « étudions la novlangue contemporaine », cette semaine, je vous propose une suite de mots que j’ai peine à qualifier de phrase : « Un psychologue n’ayant pas l’expertise requise peut contractualiser avec la plateforme à la condition de prévoir une période d’accompagnement à la pratique professionnelle par la plateforme selon un format varié ».

Sans préjuger de tout ce qui reste à découvrir quant à la gestion de la pandémie, on sait déjà tant de choses, et si dérangeantes, qu’il faut bien commencer. En prenant le risque d’explications approximatives et sans craindre de se tromper tant le bilan est accablant.

Le mot « usager » est depuis longtemps intégré à notre petite novlangue quotidienne ; au début, ça nous a fait bizarre, mais on s’y est très vite habitués, comme pour bien d’autres termes qui ne nous écorchent plus les oreilles parce qu’entre-temps on s’est pris sur le crâne d’autres néo-mots encore plus lourds.

Quand la loi 2002-2 sur la santé parlait de « mettre l’usager au centre du dispositif », on avait traduit : le sujet se retrouverait bientôt en périphérie. Bon exemple de torsion linguistique qui transforme progressivement les êtres de parole en êtres d’information et de communication.

Vous trouvez que j’exagère un peu?

Vingt ans après, dans les établissements médico-sociaux (les centres médico-psychologiques, les hôpitaux de jour pour enfants psychotiques, où travaillent encore beaucoup de psychanalystes), nous sommes aujourd’hui tenus de mettre en place ce que le ministère appelle le « DUI », le dossier de l’usager informatisé. Notez qu’il n’est pas question de dossier informatisé de l’usager. C’est bien l’usager qui est informatisé.

Il s’agit de traiter plus rapidement les données (on ne traite plus les patients, on ne traite que les données), pour faciliter la circulation des informations diagnostiques, pour consolider les statistiques (lesquelles statistiques justifieront les prochaines coupes budgétaires). Ce DUI contribue à uniformiser les pratiques d’accueil, à écraser un peu plus les dispositifs de parole.

Avec ce « dossier de l’usager informatisé », les « données » sont mises en ligne sur des serveurs très peu étanches (le dessin d’un enfant en thérapie doit par exemple être scanné et balancé sur le cloud) ; ces « données » seront utilisées pour détecter les criminels potentiels chez les enfants un peu trop agités (régulièrement, le ministère de l’Intérieur cherche à fusionner ses fichiers avec les dossiers médicaux) (1).

Nous allons donc maintenant utiliser et banaliser cette expression d’« usager informatisé ». Jusqu’à ne plus entendre ce que cela a de violent. Je vous parie que dans vingt ans, ça ne nous fera pas plus mal que de dire « usager » tout court actuellement.

À propos de ces expressions toutes faites et répétées mécaniquement jusqu’à en effacer le sens, George Orwell parlait, en 1946, de « prothèses verbales ». Orwell écrit aussi : « L’orateur qui utilise ce type de phraséologie a commencé à se transformer en machine (2) ».

Dans Malaise dans la civilisation, publié en1930, Freud s’intéressait aux techniques par lesquelles l’homme cherche à démultiplier ses capacités motrices et cognitives : « L’homme est devenu pour ainsi dire une sorte de dieu prothétique, certes grandiose quand il porte tousses organes auxiliaires ». Freud ajoutait que les prothèses donnent bien du mal à l’être humain, parce qu’elles « n’ont pas poussé avec lui ». Mais aujourd’hui les enfants poussent en même temps que leurs tablettes avec IA embarquée. Et nous avons, sinon achevé, du moins bien avancé cette transformation en machines dont parlait Orwell.

L’« usager informatisé » est un peu plus dématérialisé à chaque réunion « en distanciel », il communique avec des voix et des images de synthèse : il ne lui reste plus beaucoup de chair.

Quand il y a plus de prothèse que de corps, est-ce qu’il y a encore du sujet ? Je te pose la question, Sigmund ! Tu ne réponds pas ?