Mais NON !

TotalEnergies a beau être, de loin, la première entreprise française, avec un chiffre d’affaires supérieur à 250 milliards de dollars en 2024, elle ne contribuera pas plus au budget de l’État. Pour la deuxième année consécutive, la multinationale ne paiera en effet pas de contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, ce dispositif de solidarité nationale maintenu par le gouvernement Lecornu dans le budget 2026 pour garantir la non-censure des socialistes.

« Ce n’est pas délibéré de notre part, on préférerait faire des profits (en France) et payer la taxe (impôt sur les sociétés, NDLR) et la surtaxe », a justifié son PDG, Patrick Pouyanné, lors de la présentation de ses résultats annuels à la presse.

« S’il y a des pertes fiscales, il n’y a pas de surtaxe »

La bonne étoile de TotalEnergies s’explique en effet par l’absence de bénéfices encaissés en France, en raison du recul des activités de raffinage, secteur en crise en France et en Europe. Ces dernières ont connu « un début d’année assez catastrophique », cumulé à des difficultés techniques, qui ont entraîné des « pertes fiscales en France » évaluées à 300 millions d’euros, a argué le patron du groupe. « S’il y a des pertes fiscales, il n’y a pas de surtaxe », a-t-il conclu.

D’autres ne pratiquent pas ces mêmes techniques d’évitement : LVMH devrait ainsi payer quelque 700 millions d’euros, Vinci et Safran autour de 400 millions, Hermès et Airbus environ 300 millions chacun et Engie et Bouygues à 100 millions chacun. Une contribution financière qui reste symbolique au regard des sommes brassées par ces groupes.

Outil cosmétique de justice fiscale

La surtaxe sur les multinationales était pourtant censée être aussi une réponse à la demande croissante de justice fiscale. Faire payer les plus grosses entreprises était aussi pour le gouvernement un moyen de démontrer qu’il cherchait à régler l’équation budgétaire en mettant chacun à contribution.

Après avoir, dans un premier temps, cherché à diminuer de moitié cet effort demandé aux détenteurs du capital pour limiter le creusement des déficits, le gouvernement a fini, dans la version finale du budget adoptée avec un 49.3, par le remettre au niveau de 2025 soit entre 7 et 8 milliards d’euros de rendements attendus.

La compagnie pétrolière devra quand même débourser « à peu près 170 ou 175 millions d’euros », au titre de la taxe sur les rachats d’actions pour 2025, a annoncé le PDG. Voilà qui ne semble pas peser lourd pour une société qui enregistre quand même un peu plus de 13 milliards d’euros de bénéfices en 2025 et en a reversé 15,6 à ses actionnaires, et qui en dit long sur la nature cosmétique de cet autre gadget fiscal destiné à donner une impression de justice.

Mais la faiblesse de ce surplus contributif est aussi à mettre au regard des coûts pour la collectivité des activités de TotalEnergies. Alors que l’entreprise « fait partie des 32 entreprises responsables de 50 % des émissions fossiles de CO₂ dans le monde », l’association Greenpeace rappelle « que le coût des dégâts climatiques ne cesse d’augmenter : en France, entre 2020 et 2024, France Assureurs a enregistré chaque année environ 5,4 milliards d’euros de dégâts en moyenne, contre 3,7 milliards lors de la décennie 2010-2019 ».


Source : La rédaction L’humanité.


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