[…] Le « Tweetomane » avéré, le président des Etats-Unis sature l’espace de l’information plus que n’importe lequel de ses prédécesseurs. Mais sa trace politique, elle, est à peine visible, et sa trace économique, infime. […]

En France comme en Europe, la gauche livre une lecture à géométrie variable de la réélection d’Alexis Tsipras en Grèce, entre les socio-démocrates qui saluent sa conversion au réalisme, et les anti-libéraux affirmant que Syriza reste un allié contre l’austérité.

Depuis la victoire de Syriza en Grèce le 25 janvier, et a fortiori à travers la dernière séquence politique des négociations dans la zone euro, a mis en lumière la violence avec laquelle les dirigeants de l’Eurogroupe, Merkel en tête, au service de la finance, s’appuyant sur l’extrême droite et bénéficiant du silence complice des autres, a piétiner la démocratie et punir un peuple, qui a osé dire non à l’austérité.

Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d’étouffement mise en place méthodiquement par l’Eurogroupe et l’asphyxie financière qui a détruit l’économie grecque.    (…)

L’Eurogroupe lui pose un ultimatum ?

Alexis Tsipras réplique en appliquant son programme anti-austérité. Mardi, devant le groupe parlementaire Syriza, le premier ministre grec a annoncé le dépôt d’une « loi de salut social » dont les premières dispositions seront examinées dès aujourd’hui à la Vouli, après l’élection hier du président de la République, le conservateur Prokopis Pavlopoulos.

Vu d’Allemagne : Il est urgent que la chancelière trouve une alternative à sa politique anti-crise. Ces cinq derniers jours ont révélé de manière plus éclatante que jamais toute l’étendue du fiasco de la politique anti-crise d’ Angela Merkel. La cure d’ austérité prescrite par la chancelière s’ est soldée par une déflation dans la zone euro et par une récession chronique dans le sud de l’Europe.

Renégociation de la dette et du plan d’austérité avec les créanciers de la Grèce, arrêt des privatisations – dont celle, emblématique, du port du Pirée –, hausse du salaire minimum, etc. Les priorités du nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras présentées le 28 janvier, lors du premier Conseil des ministres, n’ont pas dérogé à la ligne défendue jusque-là par le leader de Syriza : une politique anti-austérité.

Les difficultés commencent pour le gouvernement d’Alexis Tsipras. Le nouveau Premier ministre grec souhaite entamer des discussions avec ses partenaires créanciers pour résoudre le problème de la dette publique grecque. Faut-il l’effacer, la renégocier, la rééchelonner ? Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a déclaré lundi qu’une réduction de la dette grecque ne figurait pas dans son agenda alors que Syriza veut sortir du carcan de la dette.

Les marchés n’aiment pas les élections.

Encore moins quand elles portent au pouvoir un gouvernement de gauche soucieux d’abord de satisfaire sa population. L’annonce, mercredi, par le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras de l’arrêt de certaines privatisations clés comme celle du port du Pirée ou de la compagnie national d’électricité (DEI), ainsi que la réaffirmation de sa détermination à tourner la page de l’austérité, ont immédiatement été suivies d’une chute de la Bourse et notamment des grandes banques.

Qu’avez-vous pensé de la solidarité politique autour de François Hollande le 11 janvier?

Une interview de Clémentine Autain – La liberté d’expression défendue par Ali Bongo, Viktor Orbàn ou Benyamin Netanyahou, c’est indécent. Et l’union sacrée est un mirage. L’Assemblée a voté dans la foulée la poursuite de la guerre en Irak. Or les Américains ont enchaîné les guerres et Al-Qaeda comme Daech ne cessent de progresser.

Nombreuses sont les embûches qui attendent Syriza pour mettre en œuvre son programme. Tour d’horizon des cas de figure envisageables après l’élection du 25 janvier.

  • Syriza pourra-t-elle mettre en œuvre ses ambitions ?
  • Quelles seront les marges de manœuvre d’un gouvernement conduit par Alexis Tsipras, son chef de file ?

Ce dimanche 25 janvier ont lieu en Grèce des élections législatives qui pourraient s’avérer historiques : Syriza, la coalition de gauche d’Alexis Tsipras, est en tête des sondages. Mais pour Frédéric Lordon, l’étau allemand et les inconséquences de la formation grecque condamnent celle-ci à des acrobaties douloureuses…