L’exécutif, qui depuis 2017 veut diminuer le nombre de députés, restreindre le droit d’amendement, limiter le temps de discussion, et imposer au maximum ses vues à la représentation nationale ne pouvait rêver mieux, sur le plan institutionnel que ce temps de confinement obligé dans les assemblées.

Dans une allocution une nouvelle fois solennelle, lundi 16/03/2020 à 20h, le Président de la république a annoncé outre des mesures de confinement renforcées pendant au moins 15 jours et le report du second tour des élections municipales …

Avec l’institut IPSOS, deux laboratoires d’idées, l’un français, la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), l’autre américain, l’International Republican Institute (IRI), ont mené une enquête dans 42 pays, interrogeant 36.395 personnes, en 33 langues, sur l’actualité politique.

[…] Alors que l’extrême droite et une certaine droite radicalisée vont chercher à mener campagne sur le thème « on est chez nous », la gauche doit poser la question de la défense de la souveraineté populaire et de la démocratie en Europe.

Vendredi 22 février 2019, de grandes manifestations citoyennes, d’une ampleur inédite, ont éclaté un peu partout en Algérie. […] Pour prendre de la perspective sur la question, nous avons interrogé Benjamin Stora, historien de la guerre d’Algérie et président du Musée national de l’Histoire de l’immigration.

Julia Cagé, économiste française professeure à Sciences Po, est l’auteure d’un essai, « Le prix de la démocratie », publié à la rentrée 2018 dans lequel elle a alerté sur le financement privé des partis politiques et des campagnes électorales en France. La chose publique serait de ce fait dévoyée au profit des individus les plus riches par les gouvernements élus. […]

L’expression de « démocratie illibérale » a fait son apparition dans le lexique des régimes politiques. Elle a des allures d’oxymore tant il semble contradictoire qu’une démocratie ne soit pas libérale. À moins qu’au rang des objets flous, elle ne se situe dans ce qu’on appelle les zones grises.

Dans l’actualité du moment en ce novembre 2018, il ne faut négliger aucune grogne : qu’elles soient des gilets jaunes (même si la revendication contre les taxes sur l’énergie n’est pas la vraie raison de ras le bol, mais bien le pouvoir d’achat de plus en plus restreint pendant que d’autres se gobergent), … qu’elles proviennent  a très juste titre du personnel en blouses blanches des hôpitaux et plein d’autres littéralement assommés par les difficultés de joindre les bouts de mois qui ne cessent de se succéder, sans espoir d’une amélioration, précarises chômeurs, retraites…

Un ensemble de revendications pas très loin de l’ouverture d’un chamboule tout, peut-être sous la forme de révolte populaire d’un coté mais aussi faudra-t-il compter sur ce qui se joue en ce moment dans le municipalité et la révolte des maires. Ils dénoncent rien de moins que la perte locale de la démocratie dans le petites municipalités (entre 100 et 2000 habitants, elles sont nombreuses en « ruralité »).

L’abandon n’est pas récent il est dans la « continuité » de la decentralisation voulue et décrétée (par l’instauration  des différentes lois dont Gaston Defferre était l’instigateur) des regroupements des mairies en intercommunalités, communautés d’agglomérations, métropoles, une stratégie destinée à éloigner les maires de décisions administratives, juridiques, culturelles ou sportives (et même parfois morale) sans un aval communautaire. La volonté suprême étant que les maires deviennent  des agents civils représentant local de l’état avec comme fonction l’état civil local, la police locale, et responsable d’un bureau d’enregistrement et diffusion des ordres des différentes strates de l’État. Ils ne pourront rien decider directement pour leurs concitoyens. MC

Les signes d’un affaiblissement des institutions démocratiques se multiplient, comme on a pu le voir à l’occasion des récentes élections de mi-mandat. Ce recul n’empêche pas les Américains de continuer de croire en la force du vote, considère le chercheur et ancien ambassadeur Jeffrey Hawkins, dans une tribune au « Monde ».

[…] Le « Tweetomane » avéré, le président des Etats-Unis sature l’espace de l’information plus que n’importe lequel de ses prédécesseurs. Mais sa trace politique, elle, est à peine visible, et sa trace économique, infime. […]

Au président de la République qui lançait « la démocratie, ce n’est pas la rue » (CNN, 19 septembre), la France insoumise par son chef Jean-Luc Mélenchon et les pancartes de la manifestation du 23 septembre répondait : « Non M. Macron, la démocratie c’est la rue ».

Si de nombreux élus, chercheurs ou militants diagnostiquent une « crise de la démocratie », le mal pourrait se révéler plus profond : l’installation rampante d’un nouveau régime politique, la gouvernance, dont l’Europe est le laboratoire.

Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse.

Professeur de théorie politique à l’université de Westminster, à Londres, la philosophe belge Chantal Mouffe travaille sur les mouvements de la nouvelle gauche radicale, son éditeur français -n’hésitant pas à la qualifier d’« inspiratrice » de celle-ci. Compagne d’Ernesto Laclau, intellectuel anglo-argentin disparu en 2014, elle a écrit avec lui d’importants ouvrages sur le renouvellement de la gauche critique à partir des années 1980, comme le célèbre Hégémonie et stratégie socialiste (1985). Ses ouvrages, la plupart rédigés en anglais, commencent à être traduits en France, avec souvent des années de retard.

Parce qu’il date de 2006 et qu’il permet le recul sur des dispositions prisent dans d’autres états, il est a lire. MC

Rarement la distance entre démocratie réelle et démocratie formelle a été aussi grande. Partout ou presque, dans les pays démocratiques « avancés », des exécutifs faiblement légitimes gouvernent depuis des années sans – et souvent contre – l’assentiment populaire.