Malgré de nouvelles aspirations, le travail rémunéré reste au cœur des relations sociales. M. Emmanuel Macron ne s’y trompe pas, qui a fait du remaniement du code du travail son premier acte présidentiel d’envergure. Il n’est plus grand monde pour croire que sa volonté est de simplifier des textes alambiqués pour en produire de plus accessibles et plus protecteurs.

Derrière cette cordialité de façade, les deux candidats ont tout de même exprimé de profondes divergences, incarné deux visages de la gauche. Ils ont défendu des projets de société bâtis sur des postulats opposés, dont on a peine à voir comment ils pourraient converger après le deuxième tour de la primaire, dimanche 29 janvier, pour donner plus de poids à une candidature unique du camp socialiste.

[L’image était si frappante, dimanche 22 janvier, à l’heure ou tombaient les premiers résultats de la primaire PS de François Hollande visitant une centrale photovoltaïque d’EDF installée en plein désert d’Atacama, au Chili, ne pouvait (…) exprimer plus clairement que, désormais, le sort du PS n’est plus son affaire. (…)

En France comme dans le reste de l’Europe et aux États-Unis, la gauche se trouve dans une impasse : elle est fracturée et paraît bien incapable de réagir à la radicalisation de la droite, écrit ce chroniqueur américain du Washington Post.

Il fut un temps où le parti socialiste était une organisation permettant de gagner des élections ; après le fourvoiement du quinquennat de François Hollande ou il s’est ingénié à louvoyer dans une libérale société suivant en cela les prescriptions du Medef et de Pierre Gattaz, détruisant les accords entre les différentes tendances internes présentent rue Solférino ; disloquant l’unité de sa majorité élus à l’assemblée nationale; perdant de nombreux sénateurs faisant ainsi perdre la majorité à l’assemblée sénatoriale ; divisant la population sur l’identité nationale, la loi El Khomri ; etc.

Dans plusieurs entretiens publiés ou entendus dans les médias, Pierre Gattaz se livre à une charge anticipé contre les mouvements sociaux qui pourraient éclater suite aux légiférations par décrets annoncés entrant dans le programme du gagnant de la primaire LR.

François Hollande, Manuel Valls, et Emmanuel Macron ont pratiqué une stratégie de complaisance vis-à-vis des revendications du patronat, en oubliant la responsabilité de celui-ci dans la désindustrialisation et la financiarisation de l’économie, en prétendant reconstituer les marges des entreprises par des baisses d’impôts financées par des baisses de dépenses publiques, en acceptant leur discours : « c’est le droit du travail qui est responsable du chômage ».

S’appuyant sur les échecs du quinquennat de François Hollande, la droite, et tout particulièrement François Fillon, propose aujourd’hui un programme profondément réactionnaire, un retour en arrière par la mise en cause méthodique de l’État social, tant par la baisse des dépenses publiques et le creusement des inégalités de revenus que par l’affaiblissement du droit du travail et le renoncement à la transition écologique.

Les affaires judiciaires en point d’orgue, des grands oraux sur l’économie puis la sécurité: le premier débat télévisé entre les sept concurrents de la primaire de la droite jeudi soir a oscillé entre les brûlantes rivalités de personnes, notamment Sarkozy-Copé, et le froid de l’austérité promise aux Français en cas de retour de la droite.

Une interview de l’essayiste Raphaël Glucksmann analyse la débâcle idéologique d’une gauche qui laisse le champ libre aux discours identitaires réactionnaires et au repli sur soi. Libre à chacun d’admettre ou réfuter ses analyses. MC