Malgré de nouvelles aspirations, le travail rémunéré reste au cœur des relations sociales. M. Emmanuel Macron ne s’y trompe pas, qui a fait du remaniement du code du travail son premier acte présidentiel d’envergure. Il n’est plus grand monde pour croire que sa volonté est de simplifier des textes alambiqués pour en produire de plus accessibles et plus protecteurs.

Aujourd’hui « ça va mieux », n’en déplaise à ceux qui préfèrent aiguiser les sarcasmes ! Moqué au printemps pour avoir lancé ce nouvel élément de langage destiné à la communication gouvernementale, de la pure méthode Coué, de « l’hypnose » selon ses détracteurs, la formule présidentielle est désormais un constat.

À quoi joue le très droitier Sénat dans sa réécriture du texte de loi sur le travail de Myriam El Khomri en non seulement revenant au texte de base mais également en accentuant certains des articles.

François Hollande et Manuel Valls sont déterminés à ne rien céder aux opposants à la loi travail. Par respect des engagements pris auprès de Bruxelles ou par conviction libérale ?

C’est un lapsus qui ne trompe pas. Il a essayé à plusieurs reprises, mais non, Pierre Laurent ne parvient pas à parler d’homme (ou de femme) « providentiel », remplaçant chaque fois ce dernier adjectif par « présidentiel ». C’est comme ça, chez le secrétaire national du PCF, invité le 24 mars après-midi des Rencontres Sciences Po- « Sud Ouest », le collectif est décidément trop fort.

Une pétition qui rassemblait près de 800.000 signataires lundi 29 au soir, et qui fait office de symbole, un appel à manifester le 9 mars et une vidéo de « Youtubeurs » : ces trois initiatives ont débordé politiques et syndicats, faisant surgir sur le numérique une mobilisation inédite contre la loi sur le travail.

Proche conseiller de la ministre du Travail, Pierre Jacquemain a choisi de claquer la porte mi-février, pour marquer son désaccord avec le projet de loi El Khomri. Pour la première fois, ce jeune homme issu de la gauche radicale (il a été collaborateur de Clémentine Autain), raconte les raisons de sa démission.

Emmanuel Macron venait tout juste de porter sur les fonts baptismaux, non sans difficultés, sa loi pour la croissance et l’activité. Le ministre de l’économie s’était immédiatement projeté vers un nouveau vaisseau législatif baptisé « Nouvelles Opportunités Économiques » (#noé), dont il présentait solennellement l’architecture, le 9 novembre 2015. Cela ne se présentait pas encore comme un projet de loi mais se voulait une réflexion globale sur les mutations technologiques et les indispensables transformations -– sociales, financières, économiques, d’usage – qu’elles appellent.

Un remaniement du gouvernement devrait intervenir avant la fin février. Laurent Fabius, en partance pour le Conseil Constitutionnel, pourrait être remplacé aux Affaires Étrangères par Michel Sapin, l’actuel ministre des Finances. Mais quid alors d’Emmanuel Macron?

Proche conseiller de la ministre du Travail, Pierre Jacquemain a choisi de claquer la porte mi-février, pour marquer son désaccord avec le projet de loi El Khomri. Pour la première fois, ce jeune homme issu de la gauche radicale (il a été collaborateur de Clémentine Autain), raconte les raisons de sa démission.

Pierre Larrouturou attaque l’Élysée en justice

Très remonté contre le gouvernement qu’il accuse d’« inertie » dans la lutte contre le chômage, le fondateur du parti de gauche Nouvelle Donne a décidé d’attaquer 10 personnalités de l’Élysée en justice. Et il ne plaisante pas.

Depuis 2012, le gouvernement est allé de renoncement en reniement. Ces deux dernières semaines, l’État a participé à la mise en scène de la violence des rapports sociaux. Le « moment Air France », c’est l’acmé douloureuse et grotesque d’une politique qui a tourné le dos aux salariés, à sa gauche, à son électorat.