Ce devait être la panacée. Médias, experts et politiques l’avaient prédit dans les années 1980 et 1990 : l’ouverture à la concurrence dans les services publics et son lot de privatisations allaient permettre aux usagers de bénéficier de baisses de prix, aux entreprises d’innover et à la collectivité de s’enrichir.

La question est toujours la même : pourquoi une part importante des citoyens votent-ils contre leurs intérêts ?

Ce n’est pas un secret, les services publics sont sous pression. Depuis trente ans, on nous dit qu’ils ne sont pas efficaces, que le privé est plus performant…

Vous connaissez sûrement la musique.

On assiste depuis nombre d’années à la mise en œuvre d’une politique de déréglementation parfois habillée sous le vocable de simplification des normes. Au départ, les contrôles sont le fait de services publics habilités, puis les contrôles sont externalisés à des sociétés privées. La dernière forme est l’auto-contrôle.

Des sociétés multinationales se développent sur le créneau, mais sans les garanties d’indépendance nécessaires d’autant que les enjeux financiers sont énormes tant du point de vue de l’organisme de contrôle que de celui de l’entreprise contrôlée.

L’union européenne (le7/8 février 2013) a joué un bien mauvais tour aux associations caritatives en supprimant les aides européennes. Dans l’esprit des dirigeants européens bien calés au chaud dans leur responsabilité et leur costume amidonné, il ne faut pas aider les pauvres gens au nom du libéralisme, il faut les obliger à accepter n’importe quel travail au prix le plus bas les rendant corvéables à merci et d’une obéissance totale. C’est Cosette en haillons, c’est le retour d’une société fin XIXe siècle, très bien décrite par Victor Hugo dans « Les misérables ». Un retour sérieux sur la vie sociale, à voir le nombre de bidonvilles autour des cités, le nombre grandissant de personnes frappant aux organismes sociaux et aux associations caritatives. Reste encore quelques lois françaises, assurant une faible survie à ceux qui peuvent encore bénéficier. MC