« Du jour au lendemain, des travailleurs sont obligés de solliciter l’aide alimentaire. C’est violent, humiliant et indigne d’un pays riche ».

Notre système social a beau être solide, il ne résiste pas à la déferlante. Faut-il le transformer ? Axelle Brodiez-Dolino, chercheuse au CNRS, a étudié l’histoire de la pauvreté et de la protection sociale. meilleure réponse à la crise.

« Nous voyons des jeunes arriver avec leurs tenues de vendeur d’Uber Eats. C’est-à-dire qu’eux-mêmes apportent à manger, mais n’ont pas à manger pour eux. »

Alors que la pandémie de Covid-19 pourrait faire basculer encore plus de personnes dans la précarité, le Secours populaire français (SPF) dévoile aujourd’hui [30/09/2020] son baromètre de la pauvreté. Pour sa secrétaire générale, Henriette Steinberg, les signaux sont particulièrement inquiétants. Entretien.

A l’heure où s’organise en sous-main à l’initiative du gouvernement, une campagne de dons géantes destinées à la réparation de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à l’heure où ce sont prononcés des chiffres de dons, frisant l’indécence totale, il est bon de rappeler un certain nombre de vérités. Commençons par le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté qui en voyant les sommes proposées, ont bien du chagrin à se voir autant délaissés au profit d’une bâtisse fut telle représentative de la nation. MC

Aucun sondage ne les classera dans la colonne consacrée aux pauvres, puisqu’ils gagnent plus que le seuil « conventionnel de pauvreté », fixé à 1.100 euros par mois.

 « L’aggravation de la précarité a creusé les écarts, augmentant les difficultés et le mal-être des personnes fragiles. De plus en plus d’hommes et de femmes sont touchés par un grand état de souffrance sociale et développent un phénomène de solitude. Près de cinq millions de Français sont en situation d’isolement relationnel, en marge ou à l’écart de l’entourage familial, amical, professionnel, qui garantissent la sociabilité.

Je ne suis pas, loin de là, un lecteur assidu d’Atlantico, pourtant le sondage commandé à l’Ifop, dévoile vient des inquiétudes grandissantes envers la gestion économique et sociale d’Emmanuel Macron. Un sondage qui doit être connu de tous. MC

(…) « On sent un vent mauvais, un effritement des valeurs d’hospitalité et de solidarité », témoigne Florent Gueguen, délégué général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

« Un raz de marée de la misère. »

C’est un constat bien sombre que dresse le Secours populaire français, en publiant, mardi 8 septembre, son baromètre sur la perception de la pauvreté en France.

Europe 2020 lancé en 2009, a pour objectif le développement de l’Union européenne, entre autres, de sauver de la pauvreté d’ici 2020 au moins 20 millions de personnes menacées par l’exclusion sociale. Au moment du lancement, 117 millions d’Européens étaient menacés.

«Aucune stratégie de répartition des richesses n’a été mise en place: ni augmentation des crédits à l’agriculture, ni distribution des terres arables, ni apport de revenus de complément aux familles.

Fournir des ressources supplémentaires aux personnes les plus pauvres […] permet pourtant une diminution massive du dénuement »

Roft Traeger économiste à la commission des Nations Unies pour le commerce et développement.

La pauvreté explose, 1 million de personnes vont encore recourir cette année aux restos du cœur, qui servent 130 millions de repas. Et cette association, comme de nombreuses autres, ne pourront plus faire face d’ici un an ou deux, car elles subissent, elles aussi, l’austérité.

Même si l’article est un peu long, il est a lire dans son entier. Il met en évidence qu’en voulant diminuer toutes aides aux personnes démunies, c’est la constitution d’une sous classe humaine qui se profile; c’est indigne d’un pays développé mais bien pratique pour les possédants, il permet de faire « descendre » le montant des salaires et les revendications. MC

Associations et rapports officiels font le même constat : la précarité, la pauvreté et les inégalités s’accroissent. Une preuve accablante de l’inefficacité des mesures de réduction de la dette publique.

Pas un jour ne se passe sans qu’un membre de ce gouvernement ne réclame une réforme néolibérale de plus. Comme si les dégâts n’étaient pas assez importants avec un taux de chômage de plus de 10 % et une aggravation des inégalités, si bien que la pauvreté touche aujourd’hui en France près de 9 millions de personnes.

Jean Gabin en 1956, dans un dialogue du film « La Traversée de Paris » de Claude Autant-Lara (d’après un roman de Marcel Aymé) lance « salaud d’pauvre ». Dans cette scène, il ne s’adressait pas à des « prolos », ou des « clodos », mais à un couple de bistrotiers.

Le créateur des Restos du cœur, Coluche, a repris l’interjection au début des années 1980 et l’a rendue célèbre. En endossant le rôle d’un nanti qui égrène des poncifs à propos des « sans-le-sou », c’est-à-dire des fainéants qui méritent ce qui leur arrive, il en a fait un cri de révolte.

Le premier ministre, Manuel Valls, a beau martelé que son gouvernement ne « mène pas une politique d’austérité », les faits sont têtus. Deux nouvelles études, l’une réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’autre par le cabinet d’audit et de conseil Deloitte, viennent encore de le contredire.