Lancé dans une course à l’intelligence artificielle truquée dès le départ, Emmanuel Macron veut croire coûte que coûte que la France est capable de concurrencer les États-Unis et la Chine. Un désir brûlant de souveraineté numérique que des années d’inaction sur le sujet rendent impossible à satisfaire. Car des champions, l’Hexagone en a eu. Manque de bol, les politiques s’en sont rendu compte vingt ans trop tard.
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Sommet de l’IA à l’Élysée…
… la France doit annuler l’invitation d’Elon Musk !
Lire la suiteLe flan de bataille de Poutine
A peine Donald Trump était-il élu que la propagande russe lançait de nouvelles manœuvres. Après avoir tout fait pour favoriser le triomphe du copain blond de Poutine, elle tente désormais de monter les trumpistes contre l’Ukraine, afin que les États-Unis rechignent à y envoyer des ronds : une intoxication rondement menée.
Ayant très activement soutenu la campagne du candidat Donald Trump à coups de fausses informations relayées sur les réseaux sociaux, en premier lieu sur X avec la bénédiction d’Elon Musk, les fabricants russes d’intox ne désarment pas après le triomphe électoral de leur chouchou. Au contraire, ils remettent gaillardement le couvert.
Le but de leurs manigances est désormais de fâcher tout rouge le futur président orange contre les vilains méchants Ukrainiens lâches, fourbes et cruels. Et, bien sûr, de saper ainsi toute volonté d’appui financier ou logistique envers Kiev, histoire de faciliter les choses pour les braves conquérants envoyés au front par Vladimir Poutine.
Faux post grossier
C’est ainsi qu’un prétendu post d’Elon Musk soi-même, diffusé sur X. affiche un billet de 1 dollar où le portrait en médaillon central n’est pas celui de George Washington comme de juste, mais celui de Donald Trump tout sourire et faisant un ,doigt d’honneur. Colossale finesse…
Le montage est accompagné d’une légende: «Le dernier dollar pour Zelensky», avec une émoticône hilare. Ha ha ha.
Or en réalité, le machin n’est pas signé Elon Musk (même s’il n’en désapprouve peut-être pas la teneur). L’image signature du multmilliardaire n’est pas la bonne sur le message.
Et une recherche d’origine de l’image trafiquée mène tout droit à une première publication sur la version polonaise du site de propagande russe Pravda. Lequel, selon le Service français de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginurn), appartient à l’officine de désinformation pro-russe Portai Kombat.
Vidéo bidouillée
Autre intox largement épandue sur X : une vidéo montrant des soldats ukrainiens, en tenue d’assaut complète, armés jusqu’aux dents, casqués et cagoules (car en plus d’être d’affreux malfaisants, ce sont des capons), qui à la lisière d’une forêt boutent le feu à un mannequin à l’effigie de Trump.
En surimpression défilent en anglais des insultes adressées par eux au futur locataire de la Maison-Blanche, « A cause de toi, salaud, le président Zelensky n’a pas reçu d’armes », avec menaces en prime : « Tu es un traître et tu paieras par le sang ce que tu as fait ! »
Ce qu’ils sont mauvais ces Ukrainiens, décidément ! Sauf que là aussi, c’est un faux. Les images sont relayées sur X depuis le 6 novembre, lendemain de l’élection de Trump, par un dénommé Lord Bebo, admirateur de Poutine du genre frénétique. Et où Ies a-t-il pompées ? Sur un fil Telegram de propagande russe, où elles étaient apparues dès le 2 mai 2024.
La chaîne d’information ukrainienne Tpyxa, dont le logo est fugacement visible sur la vidéo, confirme qu’elle n’a jamais diffusé pareille séquence et qu’il s’agit d’une usurpation d’images sans aucun rapport, fallacieusement bidouillées par l’insertion du mannequin incendié.
Sur le compte d’un renégat
Une autre vidéo mensongère du même acabit a fait florès sur la Toile dès le 7 novembre : des individus en tenue militaire ukrainienne, toujours aussi veules et pusillanimes, y fusillent un pantin arborant un T-shirt « Trump 2024 » et une casquette rouge MAGA (Make America Great Again).
Après l’avoir héroïquement transformé en passoire, ils le font flamber lui aussi. « Ilest temps de couper le financement de ce pays dégénéré », exhorte le type qui a partagé la chose sur le réseau X, et dont le compte diffuse régulièrement des contenus pro-russes.
Et ça cartonne : le déjà nommé Lord Bebo a repris et relayé le bobard en images, qui au total a été vu pas moins de 11 millions de fois… Or, quelle surprise, c’est à nouveau sur la chaîne russe Pravda que ladite vidéo a été diffusée en premier, dès le 5 novembre, avant d’être reprise sur le compte Telegram d’un certain Oleg Tsariov, un ex-député ukrainien renégat qui a rejoint le camp russe.
Classé X, avec la bénédiction de Musk
D’autres vénéneux documents trafiqués véhiculent des calembredaines du même tonneau, drainant des centaines de milliers de vues grâce à la magie des réseaux sociaux et en particulier de X, où la « liberté d’expression » prônée par Elon Musk revient surtout à la liberté de manipulation à coups de truquages perfides.
Ainsi le Kremlin et ses groupes de propagande en ligne ne lésinent-ils pas sur la désinformation pour influencer l’opinion états-unienne, avec un message simple et percutant : en substance, « ces fumiers d’Ukrainiens vous haïssent, vous et votre président élu, alors arrêtez de leur envoyer des tas de sous pris sur vos impôts ! »
Certes, la désinformation est une ruse de guerre depuis toujours. Mais elle est désormais massive et planétaire, intoxiquant des millions d’internautes tout disposés à croire à la fois les images trafiquées qu’on leur montre et ce qui les arrange. On n’arrête pas le progrès…
Résultat en l’occurrence, les aigreurs contre l’aide à l’Ukraine s’expriment de plus en plus un peu partout, à la grande satisfaction de Poutine qui ricane. A terme, la ruse pourrait bien se révéler payante et affaiblir une résistance ukrainienne privée d’une partie de ses soutiens. Comme chacun sait, l’argent est le nerf de la guerre, et à la longue tout ça devient assez énervant.
Laurent Flutsch. Vigousse 15/11/2024
Repérage et décorticage des faux: https://observers.france24.com/fr
Un grand merci à notre ami Valaisan, Dominique, qui nous apporte une vision suisse claire et rafraîchissante de nos démêlés franchouillards. MC
Parodiant Kissinger…
L’Europe, quel numéro de téléphone ?
Lire la suiteMystique
La possible réélection de Donald Trump rend fous les journalistes français. Et c’est un journaliste qui l’écrit, rejetant le terme de fasciste appliqué à celui « qui multiplie les coups médiatiques à succès qui le rapprochent de l’électeur, un jour serveur chez McDonald’s, le lendemain conducteur d’un camion poubelle. Sans parler des coups du sort qu’il a su déjouer : deux attentats ont fait de lui un miraculé, lui conférant une dimension quasi mystique ».
Bientôt, il va multiplier les burgers. Mais surtout, dit-il, les journalistes français veulent rejouer le match de « la bien-pensance contre les sans-dents ».
Le politiquement correct contre le petit peuple soutenant celui qui veut déporter en masse les étrangers, misogyne, acquis au lobby des armes, pour qui le réchauffement climatique est une fable, soutenu par un hypermilliardaire prêt a se faire la malle sur Mars quand lui et ses semblables auront rendu la planète invivable.
Maurice Ulrich
Trump « kidnappé » par les généreux donateurs, possesseurs de la Tech… ou comment certaines entreprises américaines attendant l’élection de Donald, visent à terme l’hégémonie mondialisée de leurs industries.
Jamais élection présidentielle américaine n’aura à ce point été marquée par la force de l’argent. Et l’élite de la Silicon Valley en est la meilleure illustration. Historiquement, la Californie porte des valeurs progressistes alignées sur le camp démocrate. Et cela reste en partie vrai à San Francisco, où Joe Biden avait récolté plus de 85% des suffrages en 2020.
Mais un puissant club de grandes fortunes de la tech a basculé dans le camp Trump. Non seulement ces personnalités – super riches et super influentes – soutiennent publiquement l’ex-président… mais elles versent des centaines de milliards pour favoriser sa réélection, via le système non plafonné des super comités d’action politique (super PAC).
Le plus visible des militants pro-MAGA (« MakeAmerica Great Again ») est bien sûr le patron de Tesla et SpaceX, Elon Musk. Persuadé que les démocrates veulent faire entrer les immigrés en masse pour voler l’élection, il a transformé son réseau social X (ex-Twitter) en super instrument de propagande, y favorisant 24 heures sur 24 mensonges et théories conspirationnistes.
Il galvanise lui-même les foules lors des meetings. Et, non content d’avoir personnellement donné plus de 132 millions de dollars, il distribue à présent aux « bons » électeurs des chèques de 1 million de dollars !
Mais Musk est loin d’être seul. David Sacks, du fonds capital-risque Craft Ventures, qui s’était prononcé contre Trump à la suite de l’insurrection du 6 janvier 2021, est devenu le pilier de ce lobby tech. Le capital-risqueur vedette Marc Andreessen (célèbre pour avoir inventé le premier navigateur internet, Mosaic), qui a toujours voté démocrate, a expliqué que, cette fois, ce serait Trump.
Même soutien de la part du cofondateur de la société de big data Palantir, Joe Lonsdale, du richissime ultraconservateur Peter Thiel et d’une bonne partie de ses anciens collègues de « la mafia Paypal » (du nom de la start-up vendue à eBay au début des années 2000) qui ont ensuite investi dans Airbnb, Twitter, Uber, Facebook ou Lyft…
Ces libertariens radicaux, qui veulent affaiblir l’Etat fédéral, reprochent son projet d’instaurer une taxe de 25 % sur les plus values latentes des multimillionnaires et sa propension à mener des enquêtes antitrust, au camp démocrate trois péchés capitaux :
- sa volonté de « sur-réguler » l’industrie,
- l’intelligence artificielle
- les cryptomonnaies (dans lesquelles ils ont lourdement investi) ;
A contrario, ils louent les positions de Trump en faveur de la « liberté d’expression » (comprenez la censure antiwoke), les promesses de dérégulation et de baisse des taxes et la rhétorique pro-business et pro-riches. Ils ont beaucoup pesé dans le choix du sénateur J. D. Vance comme vice-président du ticket. Car l’homme est l’un des leurs : il a lancé sa propre firme de capital-risque, Narya Capital, en 2020, avec le soutien de Thiel, d’Andreessen, et de l’ancien patron de Google Eric Schmidt.
Plus grave : Donald Trump lui-même encourage ces mécènes à considérer leurs donations comme des « investissements business ».
Il a ainsi expliqué, en avril, aux magnats du pétrole et du gaz que sa promesse de ne pas limiter les explorations d’hydrocarbures… valait bien 1 milliard de dollars de contributions ! L’élection présidentielle est ainsi devenue un terrain de jeu, où une poignée de magnats voient en Trump une marionnette pour prendre le pouvoir. Et ça marche : sur les cryptomonnaies, le candidat républicain est passé d’une position où il comparait le bitcoin à une « arnaque »… à la promesse qu’il allait faire des Etats-Unis « la cryptocapitale de la planète ». Trump est un danger pour la démocratie ? Il fait l’objet de quatre procédures criminelles et de multiples procès civils ? Ses anciens collaborateurs, eux-mêmes, le qualifient de « fasciste » ? Il se moque du réchauffement climatique, du droit à l’avortement et des droits humains des migrants ? Peu importe pour ces pro-MAGA opportunistes… tant qu’ils peuvent continuer à s’enrichir. Jamais la politique américaine n’a été l’otage de tant de cynisme.
Dominique Nora. Nl Obs. N03136. 31/10/2024