Raphaël Glucksmann vous écrivez «Si nos aînés ont vécu dans un monde saturé de dogmes et de mythes, nous sommes nés dans une société vide de sens ». Pourquoi cette approche générationnelle permet-elle, selon vous, d’appréhender la crise politique actuelle ?

Et si le meilleur moyen de comprendre le monde était de savoir comment on y prend du plaisir ?

Autrement dit analyser la mentalité générale, voire les sujets qui attirent aux profits de ceux qui rebutent, voir qui portent le déni de connaissance à la manière des Trois singes – Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire  …

Avec notre mentalité latine ce genre de contrainte sociétale ne pourrait se faire, et fort heureusement, dans tous nos pays bordant la Méditerranée, et bien peu dans le monde.

Je vous laisse seul juge de l’emprise morale exercée sur les employés dans certaines entreprises japonaises. MC

Robots, numérisation, société, avenir !

On nous dit que les machines nous volent notre travail.

Mais, au contraire, elles travaillent à notre place. De ce point de vue, les études sur les destructions d’emplois ont tout faux. Il va rester de l’activité. Il y en aura même davantage. Mais il n’y aura plus cette activité exclusive effectuée par un seul individu.

Laura Kipnis enseigne le cinéma à l’université Northwestern, à Chicago. Féministe et spécialiste des questions de genre et de sexualité, elle a écrit de nombreux livres et pamphlets sur la pornographie, l’amour ou la passion du scandale dans les mœurs nord-américaines.

Ses yeux brillent encore au souvenir de son incroyable découverte. « La chance d’une vie », résume Clarisse Couderc. En cette matinée de septembre 2017, sur le chantier de fouilles de l’abbaye de Cluny (Saône-et-Loire), l’étudiante en master d’archéologie a été la première à repérer une « chose verte » qui affleurait dans l’épaisseur de limon creusé par la pelle mécanique.

Dans l’émission Les Émois sur France Culture, Céline du Chéné revient sur le buzz inattendu provoqué par un court-métrage d’animation québécois, oeuvre d’une jeune cinéaste de 25 ans, qui réussit la prouesse de raconter le destin anatomique, historique, culturel et sexuel du clitoris en 3 minutes 16

Ce n’est pas nous, ni les gouvernements qui vivons au-dessus de nos moyens, ce sont les ultra-riches. Générer les méga-bénéfices des grandes entreprises n’est pas tenable, ni socialement ni économiquement.

C’est une affaire entendue : si on le laisse faire, le capitalisme ira au bout du bout. Jusqu’à l’effondrement de la civilisation – qui a d’ailleurs déjà commencé. «L’économie verte» est une escroquerie, car aucun secteur du capital n’abandonnera la logique de la croissance et de l’accumulation sans limites. Mais y a-t-il une alternative au capitalisme ?

«La propriété privée, qui est l’institution juridique de base de notre société capitaliste, ne peut pas résoudre les problèmes du vivre-ensemble et de la survie de l’humanité. 11 faut faire prévaloir un droit pour tous à l’usage des biens et des services.»

Président de l’Observatoire des inégalités, le philosophe Patrick Savidan s’interroge dans son dernier livre, Voulons-nous vraiment l’égalité ?, sur un paradoxe : alors que nous ne cessons d’en dénoncer les effets, jamais les inégalités ne sont autant creusées qu’aujourd’hui.

« Le mouvement collectif ne vaut que par la valeur des énergies individuelles. » Jean Jaurès, 1908

La société est aujourd’hui mise à mal par ceux qui prônent le rejet de l’autre. Cette situation n’est ni nouvelle par son essence ni spécifique à notre pays, mais elle est aggravée par un contexte économique générateur de ségrégations.

Le terme « exclu » s’est imposé dans le débat public en 1974, année de crise pétrolière et inaugurale d’une longue série. Quarante ans plus tard, « vivre ensemble » devient un leitmotiv. Or, cette affirmation aux allures sympathique et volontariste pourrait bien n’être, comme « cohésion sociale », qu’une antiphrase.

Face à un taux de chômage qui ne risque pas de significativement s’améliorer, malgré les promesses, la tentation de détourner l’attention par un contre-feu devient forte. Dans cette perspective, la technique consistant à faire passer la « question sécuritaire » devant la question sociale présente l’avantage d’être déjà rodée, pour ne pas dire éculée. Elle a aussi l’avantage de posséder en Manuel Valls un « expert », au sein du gouvernement actuel.

La SAPO, c’est bien autre chose que de l’autogestion. C’est l’intuition qu’ont eu, en fin de XIXème et début XXème siècle, des hommes politiques et des sociologues du besoin de changer les rapports de l’Homme à son travail. Il ont souhaité l’alliance du patrimoine financier et du patrimoine travail. La grande nouveauté de la loi de 1917 a été la création des « parts travail » représentant une partie du capital de la SA et donc des droits de vote correspondants, mais surtout l’attribution des ces « parts travail » à la collectivité des salariés constituée sous forme de Coopérative de Main d’Oeuvre. C’est la naissance de l’indivision de travail reconnue et valorisée, ouvrant droit à une participation des travailleurs à la gestion de la société.
Ahurissant que toutes les forces socialistes de ce pays soient passées à coté de cette vraie innovation sociale !

Un commentaire de Roger Daviau, « posté » le mercredi 24 sept 2013.