En France, quelle est la part des retraités qui gagnent plus de 2500 euros par mois ?
Stéphane Ménia : Elle est d’environ 30 %. Ce qui donne en moyenne un niveau de vie à peu près identique à celui du reste de la population, quoiqu’un peu plus faible que celui des actifs — employés ou chômeurs. Ça ne prend pas en compte le fait d’être propriétaire de son logement ou non, ce qui a son importance si on raisonne en termes de pouvoir d’achat : malgré les charges d’un propriétaire, c’est pas mal de ne pas avoir de loyer à payer…
On peut noter que 2500 euros par mois, c’est grosso modo le seuil de revenu pour être taxé au taux normal de CSG chez les actifs (9,2 % pour un revenu annuel d’un peu plus de 26000 euros ; les retraités sont imposés à 8,3 % maximum).
On peut se demander si la ministre chargée du Travail Astrid Panosyan-Bouvet n’avait pas justement ça en tête, afin de justifier un alignement de la CSG pour ces retraités (ce qui aurait rapporté 2 milliards d’euros). Si on ajoute la suppression de l’abattement de 10 % sur les revenus professionnels des retraités (4 milliards de gains), on est sur 6 milliards d’euros, soit… le déficit des retraites en 2024.
Est-ce un fantasme d’imaginer que tous les retraités sont propriétaires ?
Un peu plus de 75 % d’entre eux sont propriétaires. C’est plus que l’ensemble de la population, qui possède son logement à un peu moins de 60 %. L’accès à la propriété progresse régulièrement avec l’âge. Donc, niveau fantasme, tout dépend du moment où on peut commencer à le réaliser…
On peut ajouter deux choses : d’une part, la plupart des propriétaires à la retraite ont fini ou sont proches de la fin de leur crédit. D’autre part, l’accès à la propriété a été moins coûteux pour les propriétaires plus âgés, puisque les prix de l’immobilier étaient plus bas. En France, il y a un goût marqué pour la propriété, qui conduit encore des jeunes à acheter si cher aujourd’hui.
Quelle est la part de retraités pauvres ?
Selon les sources, Drees ou Eurostat, on est entre 10 et 12 % (après impôts et prestations, sans prise en compte de la propriété du logement). C’est l’un des taux les plus bas de l’Union européenne (16 % en moyenne ; l’Allemagne est à 18 %, l’Espagne à 15 %), inférieur à celui de la population générale (14,5 %).
Les retraités pauvres sont aussi « moins pauvres » que les pauvres du reste de la population. Les pauvres à la retraite sont un peu comme des gens en train de se noyer sous 2 m d’eau, quand les autres pauvres sont à 3 m. Tous les retraités ne sont pas exposés de la même façon. En couple, par exemple, ils sont trois fois moins touchés par la pauvreté que les retraités vivant seuls (5 %, contre 15 %).
Comment évolue la richesse de ces retraités à mesure qu’ils avancent en âge ?
Depuis les travaux de Franco Modigliani, chez les économistes, on considérait que la vie était simple : quand tu es jeune, tu ne gagnes pas des masses, tu t’endettes pour avoir une consommation correcte, et on verra après. Ensuite, quand tu es calé, tu gagnes plus, tu rembourses et tu épargnes ; ton patrimoine augmente. Pour finir, tu pars à la retraite, tu gagnes moins et, si tu ne veux pas avoir la plus grosse tombe du cimetière, tu claques ou tu en gardes aussi pour les gosses.
Mais les boomers sont passés par là. Ils épargnent plus que leurs enfants, plus de 20 % de leurs revenus. Ainsi, leur patrimoine net — ce qu’ils possèdent moins les dettes — a tendance à ne pas baisser (ou assez peu) après 70 ans. Il est même supérieur à celui des 50-59 ans, qui pourtant bossent encore et ont donc des revenus plus élevés. Il faut reconnaître que, avec la hausse de l’espérance de vie aujourd’hui, on hérite à 60 balais
Propos recueillis par J.-L. Adénor. Charlie Hebdo. 29/01/2025
Les retraités sont des vaches à lait
Charlie hebdo se plante encore la csg de 8,2% pour les retraités c’était avant la réforme Macron. Aujourd’hui c’est 10,2%.
on parle ici des retraités précédemment salariés…et les autres catégories ??