Afin de résumer les termes de son duel avec M. Emmanuel Macron, incarnation selon elle de l’« argent roi », Mme Marine Le Pen a célébré la France « qui protège nos emplois, notre pouvoir d’achat ». En matière économique, le Front national se situe volontiers sur un terrain jadis occupé par la gauche. Mais le libéralisme ne lui pose aucun problème dès lors qu’il reste hexagonal.

Votée à une large majorité, à main levée, vers 11h45 par les députés européens en session plénière à Bruxelles, la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen fait suite à une demande du Parquet de Nanterre après que la députée européenne ait twitté des images d’exécutions du groupe Etat islamique.

  •  Note 1 – Je fais appel aux mansuétudes de l’auteur de l’article et du mensuel « Le Monde Diplomatique » pour avoir publié contrairement aux règles établies, une très grande partie de l’article ci-dessous. Il explique parfaitement le phénomène des intentions ou des votes FN. Un regret, de constater que l’article dénonçant fort bien le parcours ayant amené à … ne propose aucune solution comme si l’arrivée au pouvoir du FN était inéluctable. Faut-il attendre avant de s’en prémunir ou réagir ?    MC

Ce sont des images qui pourraient être gênantes pour Marine Le Pen. Elles mettent en scène un proche du Front national et du trésorier de son micro-parti, Jeanne : il s’agit de Logan Djian, le chef du GUD à Paris (Groupe Union Défense), un groupuscule d’extrême droite violent.

Depuis une trentaine d’années, un peu partout en Europe, les extrêmes droites ont le vent en poupe. Si quelques partis imprègnent leurs diatribes de références néonazies, la plupart cherchent la respectabilité et envahissent le terrain social. Se présentant comme le dernier recours et comme un rempart contre une supposée islamisation de la société, ils poussent à une recomposition des droites.

Qui aurait pu croire il y a vingt ans qu’un beau jour la laïcité deviendrait centrale dans le propos politique du Front national, tant son principe semblait étranger à l’extrême droite, plus habituée au bréviaire catho-tradi qu’aux tables de la loi républicaine ?

Depuis quelques années, la vie politique française a beaucoup tourné autour de la question du front républicain. Le développement de ce concept est concomitant de la résurrection politique du Front national (FN), après sa traversée du désert, entre 2002 et 2010, durant laquelle la droite unie au sein de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) a exercé une concurrence efficace. Il renaît à chaque succès électoral du FN. Fort confus, il renvoie à une mythologie plutôt qu’à un débat rationnel et factuel.

Le peuple de France s’est constitué de l’apport des immigrations : hier, à l’image du résistant FTP-MOI Missak Manouchian -mort pour ses idéaux républicains et de justice sociale-, de ces étrangers qui ont écrit son histoire, et encore aujourd’hui, à l’image de ce jeune Albanais sans papiers nommé « premier apprenti de France ». En tournant le dos à cet héritage républicain, le FN n’est-il pas en train de défaire l’exception française issue de la Révolution et du Conseil national de la Résistance ?

Le Front national (FN) a emprunté 9 millions d’euros à une banque russe, a révélé Mediapart, samedi 22 novembre. « Plus aucune banque ne veut nous donner 1 centime » s’est expliqué, après ces révélations, le trésorier du parti d’extrême droite, Wallerand de Saint-Just, auprès de France Info.

Le quinquennat de François Hollande prend l’ eau. Mais c’ est tout le système politique qui devrait profiter de cette séquence désastreuse pour se réformer en profondeur, selon cet éditorialiste suisse. D’ un côté, un brûlot éditorial qui transforme le palais de l’ Elysée en théâtre de boulevard. De l’ autre, un sondage qui confirme une fois de plus l’ abîme entre la réalité électorale de l’ Hexagone en cette rentrée 2014 et la représentation nationale élue en 2012.

En moins d’ une semaine, les mémoires au vitriol de Valérie Trierweiler et les enquêtes d’ opinion selon lesquelles Marine Le Pen s’ imposerait au premier tour, en cas de présidentielle anticipée, puis au second face à François Hollande, ont de nouveau démontré combien la France politique est aujourd’hui déboussolée.

L’ancienne candidate aux municipales du Front national Anne-Sophie Leclere a fait appel du jugement du tribunal de Cayenne, qui l’a notamment condamnée à 9 mois de prison ferme pour avoir comparé la Garde des Sceaux à un singe. Un jugement “par défaut”, car l’accusée n’avait pas fait le déplacement pour son procès.

Pourquoi, alors que 68 % des Français confient avoir une mauvaise opinion d’elle, et que seulement 35 % la considèrent « honnête » (selon BVA), Marine Le Pen réussit-elle à maintenir le FN en tête, devant l’UMP et le PS, dans tous les derniers sondages pour les élections européennes ?

C’est l’un des rares sujets qui montent dans cette campagne européenne guère envahissante : le partenariat de libre-échange transatlantique. Un accord, désigné sous une batterie d’acronymes – Tafta, TTIP, PTCI, GMT (1) – que Les Etats-Unis et l’Union européenne ont commencé à négocier à l’été 2013. Ces discussions menées à Bruxelles et à Washington, se déroulent-elles dans notre dos ou nos politiques peuvent-ils reprendre la main ?

L’enjeu du Traité est aussi crucial que complexe : la constitution d’un immense marché représentant 40% du PIB mondial et 800 millions de consommateurs, régi par des normes communes – sanitaires, environnementales, sociales, techniques, de sécurité.