Les débats sur l’enseignement tendent trop souvent à laisser dans l’ombre la question essentielle : à quoi sert l’école ? Un peu comme s’il existait, sur ce sujet, un consensus général. Or rien n’est moins vrai.

Si le qualificatif de « populiste » résonne aujourd’hui comme une condamnation et désigne bien souvent une dérive de la démocratie, ce terme peut aussi permettre d’identifier des positions théoriques convergentes, politiques et épistémologiques, qui, sans être totalement étrangères à ce que l’on condamne lorsqu’il est question de « populisme », n’en demeurent pas moins importantes pour une histoire intellectuelle du premier XIX* siècle et fécondes pour un renouvellement de la pensée républicaine aujourd’hui.

Voilà un article apportant une info passée sous silence. L’article n’est pas, hélas, d’une grande clarté dans sa narration, c’est dommage, reste le fond. Je pense après lecture et un peu de recherche que l’info de ce billet est exacte ; aussi mérite-t-il toute notre attention, car il s’agit là une nouvelle fois du passage de ce qui ressort du travail d’établissements publics, vendu au privé avec toutes les dérives que cela peut engendrer. A suivre donc. MC

A tous moments de l’histoire, l’école a été objet de disputes, de luttes quant aux missions à lui assigner et aux transformations pour ce faire. C’est qu’elle représente une institution centrale, notamment en France où elle a été construite dans le registre politique comme un des piliers de la IIIème République et, de ce fait, est restée une affaire d’État.

Les débats sur l’enseignement tendent trop souvent à laisser dans l’ombre la question essentielle : à quoi sert l’école ? Un peu comme s’il existait, sur ce sujet, un consensus général. Or rien n’est moins vrai.

Plusieurs fois de suite, en France comme dans d’autres pays, à quelques mois d’intervalle, le pire est arrivé. Si les terroristes ont indifféremment frappé, ce sont surtout certains jeunes qui ont été immédiatement pointés du doigt, au mieux comme incapables de mesurer le caractère dramatique des évènements – en ne respectant pas la minute de silence par exemple – au pire comme complices potentiels d’hommes et de femmes criminels mus par la haine de la République. Or, c’est l’ensemble de la jeunesse qui vécut cette atroce irruption comme l’une des premières formes d’entrée en politique.

En protestation contre la proposition de déchéance de nationalité, Dounia Bouzar a annoncé jeudi 11 février qu’elle renonçait à sa mission sur la déradicalisation auprès du gouvernement. Fustigeant une mesure « déconnectée de la réalité » et qui encourage un « amalgame renforçant les radicaux », elle s’est confiée aux Inrocks sur ses projets d’avenir. Entretien.

Faut-il supprimer les voies différenciées au lycée (voies, professionnelle, technologique et générale) pour construire une culture commune ? Plusieurs forces de gauche (…), y sont favorables et y voient une réponse au problème de la dévalorisation de la voie professionnelle.

Mais oui, inutile de jouer les autruches, nos chers rejetons filles ou garçons ne sont pas des anges hors de la vue des grandes personnes. Autant savoir ce qui se passe dans les lycées-collèges et ne parlons même pas des universités. MC

L’École publique, laïque a la précieuse mission, fondamentale et fondatrice, d’instruire et d’éduquer des citoyens, maîtres de leur destin et capables d’autonomie de jugement pour leur émancipation. Elle a aussi la mission d’élaborer la conscience d’une identité nationale, associée à la République et aux principes qui la fondent. Elle est en ce sens génératrice du vivre ensemble.

Après avoir longtemps enseigné en ZEP, l’économiste Arnaud Parienty a découvert dans un prestigieux lycée parisien combien l’argent gangrène notre système éducatif.

Pour Danièle Sallenave, assurer le socle des fondamentaux jusqu’à la 4e est le seul moyen d’éviter la reproduction sociale. Philippe Meirieu, lui, approuve l’accompagnement personnalisé, les enseignements pratiques interdisciplinaires et l’effort pour plus de justice scolaire, contenus dans le projet de réforme de Najat Vallaud-Belkacem.

On se frotte les yeux. On relit, une fois, deux fois, trois fois. On se dit que c’est un pastiche, une plaisanterie, une facétie, une blague, un faux, une bouffonnerie, je ne sais quoi encore.

Depuis peu de temps, des élus ont redéposé un projet de loi sur les mamans (portant un foulard) qui accompagnent leurs enfants dans les sorties scolaires ; la relance du débat sur le voile à l’université ; et la déclaration de Sarkozy disant : « on est contre le foulard parce qu’on est pour l’égalité ».

« Charlie » n’est pas un bloc.

Il est vivant, donc conflictuel. Le journaliste Philippe Lançon, rescapé de la tragédie du 7 janvier, a relaté cette incroyable engueulade en conférence de rédaction entre le dessinateur Tignous et … (A suivre)

« Les politiciens créent des problèmes là où il n’y en a pas. Et les médias, ils nous parlent des terroristes, mais en vrai, c’est eux qui nous terrorisent ».

Dans les quartiers nord d’Aulnay-sous-Bois, de nombreux jeunes ne sont pas Charlie. Tout en défendant les thèses « complotistes », ils témoignent d’un quotidien fracturé par l’exclusion sociale.

« À une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles. » Manuel Valls a raison, et on croise les doigts pour que cette heureuse disposition d’esprit l’habite longtemps. Déjà, le monde judiciaire est invité à plus de fermeté, et personne ne s’en plaindra – hormis les délinquants multirécidivistes, chez qui, comme on l’a vu, se recrutent les djihadistes.

Qui aurait pu imaginer, il y a trente ans, qu’une poignée de militants montreuillois de l’action culturelle accompagnés d’élus donneraient naissance à un événement de l’ampleur du Salon du livre et de la presse jeunesse, le premier et le plus grand du genre en Europe !

L’ école, passeport d’ entrée dans la vie, est essentielle au bien-être de l’enfant.

La Convention internationale des droits de l’ enfant, dont c’est le 25e anniversaire, affirme que l’ éducation est un droit. Mais des inégalités perdurent.

« Si tous les enfants bénéficiaient d’un accès égal à l’éducation, le revenu par habitant augmenterait de 23 % au cours des quarante prochaines années. Si toutes les femmes avaient accès à l’éducation primaire, les mariages d’enfants et la mortalité infantile pourraient être réduits d’un sixième et les décès maternels de deux tiers. »

Une circulaire publiée discrètement cet été a mis un terme à la « bourse au mérite ». Désormais, les critères d’éligibilité seront uniquement sociaux. A gauche comme à droite, la mesure divise et remet la notion de méritocratie au centre du débat.

Un article paru dans les Inrockuptibles a retenu mon attention. Il commente un événement antérieur. Il explique en grande partie des dérives de l’enseignement d’un catholicisme traditionnel poussé par les partis politiques du centre-droit à l’extrême droite issu en droite ligne du comportement de Nicolas Sarkozy en son temps d’une part et se faisant devient le berceau revendicatif anti gouvernement Hollande. En ce qui concerne l’enseignement privé, il faut constater que depuis la loi de 1905, la droite catholique s’est ingéniée à réintégrer petit à petit, un enseignement œcuménique soutenu par des subventions que paye chacun des assujettis aux impôts. Au nom de quel droit à partir du moment où sont accordés des subventions à un culte particulier ne sont-ils pas accordés à tous les cultes existants sur notre territoire ? L’égalité doit aussi s’exercer sur ce point, aussi je suis en désaccord profond avec ce genre de subventions : qui dit « organisme privé » doit être payé par des privés. MC

Monsieur le Ministre, Benoit Hamon

Vous venez d’être nommé ministre de l’éducation nationale dans un contexte difficile pour la gauche. En répondant aux attentes populaires, en portant une refondation de l’école au service de la réussite de tous, vous pouvez donner un nouveau souffle à la gauche.

En dépit de la loi de 1905 instaurant la séparation des Églises et de l’État, la laïcité se trouve aujourd’hui menacée dans l’Hexagone. Alors que l’islam focalise l’attention des médias, des chapelles chrétiennes sont, dans les faits, à la pointe de l’offensive, en particulier à l’école.

(…)  « Demandez-moi quelles seront les trois priorités de mon gouvernement et je vous répondrai : l’éducation, l’éducation et l’éducation. » Le 1er octobre 1997, à l’aube de son premier mandat, Thony Blair martèle sa certitude : l’école constitue « la meilleure politique sociale puisqu’elle permet de construire une société où le travail et le mérite, et non l’appartenance de classe ou les privilèges, dessinent votre parcours ».

« La reconversion du capital économique en capital scolaire est une des stratégies qui permettent à la bourgeoisie d’affaires de maintenir la position d’une partie ou de la totalité de ses héritiers en leur permettant de prélever une part des bénéfices des entreprises industrielles ou commerciales sous forme de salaires, mode d’appropriation mieux dissimulé – et sans doute plus sûr – que la rente. » Pierre Bourdieu – 1979

L‘application de la réforme des rythmes de l’enfant tangue.

Il fallait s’y attendre. Le brusque passage, en partie improvisé, d’une école structurée à des animations diverses plus ou moins organisées ne pouvait être, dans un premier temps, que perturbant. Un rodage est nécessaire. Il faudra trouver des locaux adaptés hors des salles de classe, des animateurs formés et proposer des activités intéressantes. Il faudra beaucoup d’argent des communes pour que la réforme trouve son plein régime. Mais, sur le fond, est-ce une bonne réforme?