Alors que la révolution numérique devait inciter les entreprises à transformer leur organisation et passer d’un modèle pyramidal à une structure plus collaborative et transversale, une récente enquête révèle que les personnes interrogées ressentent davantage le côté hiérarchique plutôt que coopératif (62 % vs 38 %) et l’opacité au détriment de la transparence dans les processus de décision (63 % vs 37 %). Doit-on s’en étonner ?

(…) Quand l’actualité donne à voir la multiplication des formes de souffrance au travail, des classiques accidents du travail aux maladies professionnelles en passant par la croissance exponentielle de l’usure prématurée jusqu’aux inaptitudes et invalidités, le dévoilement des suicides sur le lieu du travail… comment oser penser et parler de « bonheur au travail » ?

Un article sur une autre vision de la gestion du travail et dénonçant les processus managériaux actuels. A lire en entier. MC

Le travail ne se réduit pas à l’emploi. (…) Évoquer son travail, c’est parler de l’activité à laquelle on consacre la plus grande partie de sa vie éveillée, c’est parler de ce que l’on est, et de la place qui vous est reconnue dans la société, c’est parler de l’activité de création de richesses par laquelle le travailleur cherche à s’émanciper.

Valeur d’usage et valeur d’échange …

Le travail n’est donc pas l’unique source des valeurs d’usage qu’il produit, de la richesse matérielle. Il en est le père, et la terre la mère, comme dit William Petty. Karl Marx, Le Capital [1867], dans OEuvres, tome I, Gallimard, Paris, 1965.

Dans notre société où le travail occupe une place centrale, le chômage apparaît comme un manque, un vide dans la construction de l’identité, tant individuelle que collective. Ce vide s’accompagne souvent de solitude et de silence. Comme si l’absence de travail privait de fait les personnes de leur droit à la parole et leur interdisait toute expression collective.