Les multinationales de l’Internet ont beau discourir sur la libre circulation de l’information, leurs propriétaires utilisent leur influence pour bloquer la moindre intrusion dans leur vie privée. Illustration récente à l’aune du procès intenté par un ancien catcheur contre un site racoleur.

Au lendemain de la crise des subprimes, juste avant le sommet du G20 de novembre 2009 qui suivit la débâcle du système financier, le président français Nicolas Sarkozy proclamait avec assurance que les paradis fiscaux n’existaient plus puisque tel était son vœu du moment.

En septembre 2011, après la chute du colonel Kadhafi, les journalistes du Wall Street Journal et de la BBC qui ont pénétré dans les quartiers généraux de l’ancien dictateur y ont découvert des contrats signés avec la société française d’ingénierie informatique Amesys. Cette filiale de Bull a fourni aux autorités de Tripoli un système d’interception des e-mails et de surveillance des messageries instantanées telles que MSN. Ce dispositif, baptisé Eagle, a permis l’arrestation de milliers d’opposants. Le contrat signé en 2007 avec Amesys ne portait pas seulement sur la vente de ce moyen de contrôle et de répression des citoyens libyens. Il incluait également un important volet d’assistance technique pour sa mise en place, ne laissant pas de doute sur le fait que l’entreprise connaissait la finalité de cet outil.