Les espaces où s’exercent les libertés et expression se réduisent. Certains trouveront cela nécessaire pour asseoir leur pouvoir moral, intellectuel et financier, d’autres souhaitant limiter toutes expressions contraire aux sens souhaité par le régime en place.

Malgré l’essor des chaînes de vidéo sur Internet et la diversification des pratiques, vingt millions de Français regardent chaque soir un journal télévisé. Emblème d’une information conformiste et de formats toujours plus courts, la grand-messe du « 20 heures » a dû évoluer depuis une dizaine d’années. Une inflexion marginale mais lourde de sens.

«Plus de libertés, de protection, d’accessibilité pour les utilisateurs» : c’est en ces termes ambitieux que la secrétaire d’Etat chargée du Numérique, Axelle Lemaire, présentait ce week-end dans Libération le projet de loi «sur la République numérique» dont elle a lancé, avec Manuel Valls, la phase de consultation publique samedi matin à Matignon.

Pendant trois semaines, le texte est en effet proposé à l’enrichissement par les internautes – une première en France. Nul ne sait ce qui en ressortira, mais la démarche mérite en tout cas d’être suivie de près. Attendu depuis longtemps, et appuyé sur un long travail de concertation, le projet de loi balaie effectivement large. Il entend à la fois accélérer l’ouverture et la circulation des données publiques, et donner aux utilisateurs une plus grande maîtrise de leurs données personnelles, en créant de nouvelles obligations pour les services en ligne. Il définit la «neutralité de l’Internet», autrement dit un principe de non-discrimination dans le traitement du trafic, et promeut l’accès au réseau, via le maintien de la connexion pour les foyers les plus fragiles, comme c’est déjà le cas pour l’eau, l’énergie ou le téléphone. Il introduit aussi la notion de «domaine commun informationnel», ce qui n’a pas été sans débats.

Après la phase actuelle de consultation et de «co-construction», le texte pourrait être adopté à l’automne en Conseil des ministres, et arriver à l’Assemblée nationale début 2016. Libération décrypte ses mesures les plus emblématiques, et ce qu’elles pourraient changer, à l’avenir, pour chacun de nous.

La loi Cazeneuve « antiterroriste » est liberticide

Prenant appui sur les situations du Mali, de la Libye, d’Irak et de Syrie, sur l’engagement d’un certain nombre de Français’ aux côtés du Daech, et sur les actes criminels individuels de Mehdi Nemmouche et de Mohamed Merah, le gouvernement est en train de faire adopter par le Parlement une loi censée prévenir les menaces terroristes à venir.