En attendant le verdict de Parcoursup, qui, le 22 mai, distribuera les affectations en fac, lycéens et familles s’interrogent avec inquiétude sur son fonctionnement. Et pour cause : ce nouveau programme informatique repose sur des règles complexes et confidentielles, ce qui, évidemment, limite les recours en cas de litige…

La réforme du baccalauréat et l’instauration de critères de sélection à l’entrée des universités bouleversent l’articulation entre enseignements secondaire et supérieur. Dès la classe de seconde, les élèves sont désormais sommés de se projeter dans l’avenir, au risque de prendre la mauvaise voie.

Nanterre s’y met, Rennes-II va-t-elle s’enflammer ? Paris-VIII, céder ? Les quartiers et les collectifs ruraux, rejoindre le mouvement ?

La réforme du baccalauréat et l’instauration de critères de sélection à l’entrée des universités bouleversent l’articulation entre enseignements secondaire et supérieur. Dès la classe de seconde, les élèves sont désormais sommés de se projeter dans l’avenir, au risque de prendre la mauvaise voie.

Il ne faudrait pas perdre de vue que le but de l’école, le collège et l’université sont avant tout des lieux où s’acquiert à la fois le savoir mais aussi la socialisation.

Au moment où commencent les choses sérieuses, à savoir la mise en place concrète de la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants) qui, à travers la production par chaque formation universitaire de prérequis (appelés « attendus »), remet en cause le principe sacré de la liberté d’accès à l’université de tous les bacheliers de France et de Navarre [1], ce texte souhaite revenir sur certains enjeux de cette réforme qui semblent insuffisamment évoqués dans les débats en cours. […] … cette loi, malgré ses précautions sémantiques, viserait à faire l’université française dans une nouvelle ère.

 

Alerte à tous les parents.

Les propositions de réformes du bac et des facs du Sinistre de l’éducation mènent tout droit à la sélection de la connaissance par l’argent, copiant le principe de l’éducation anglaise de collèges et facs privés qui permet ainsi de différencier l’élite futur cadre dirigeante, des exécutants. MC

Le bilan social 2014-2015 publié par le ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) relève 30 % de contractuels parmi les enseignants-chercheurs et près de 40 % parmi les personnels BIATSS (bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens de service et de santé). Les conséquences de cette précarité croissante sont dévastatrices pour l’ensemble du secteur et plus largement pour l’avenir du pays.

A tous moments de l’histoire, l’école a été objet de disputes, de luttes quant aux missions à lui assigner et aux transformations pour ce faire. C’est qu’elle représente une institution centrale, notamment en France où elle a été construite dans le registre politique comme un des piliers de la IIIème République et, de ce fait, est restée une affaire d’État.

Plusieurs fois de suite, en France comme dans d’autres pays, à quelques mois d’intervalle, le pire est arrivé. Si les terroristes ont indifféremment frappé, ce sont surtout certains jeunes qui ont été immédiatement pointés du doigt, au mieux comme incapables de mesurer le caractère dramatique des évènements – en ne respectant pas la minute de silence par exemple – au pire comme complices potentiels d’hommes et de femmes criminels mus par la haine de la République. Or, c’est l’ensemble de la jeunesse qui vécut cette atroce irruption comme l’une des premières formes d’entrée en politique.

Mais oui, inutile de jouer les autruches, nos chers rejetons filles ou garçons ne sont pas des anges hors de la vue des grandes personnes. Autant savoir ce qui se passe dans les lycées-collèges et ne parlons même pas des universités. MC

L’École publique, laïque a la précieuse mission, fondamentale et fondatrice, d’instruire et d’éduquer des citoyens, maîtres de leur destin et capables d’autonomie de jugement pour leur émancipation. Elle a aussi la mission d’élaborer la conscience d’une identité nationale, associée à la République et aux principes qui la fondent. Elle est en ce sens génératrice du vivre ensemble.

Après avoir longtemps enseigné en ZEP, l’économiste Arnaud Parienty a découvert dans un prestigieux lycée parisien combien l’argent gangrène notre système éducatif.

Depuis peu de temps, des élus ont redéposé un projet de loi sur les mamans (portant un foulard) qui accompagnent leurs enfants dans les sorties scolaires ; la relance du débat sur le voile à l’université ; et la déclaration de Sarkozy disant : « on est contre le foulard parce qu’on est pour l’égalité ».

« Charlie » n’est pas un bloc.

Il est vivant, donc conflictuel. Le journaliste Philippe Lançon, rescapé de la tragédie du 7 janvier, a relaté cette incroyable engueulade en conférence de rédaction entre le dessinateur Tignous et … (A suivre)

Les élus doivent s’abstenir de participer à des manifestations cultuelles.

L’ école, passeport d’ entrée dans la vie, est essentielle au bien-être de l’enfant.

La Convention internationale des droits de l’ enfant, dont c’est le 25e anniversaire, affirme que l’ éducation est un droit. Mais des inégalités perdurent.

« Si tous les enfants bénéficiaient d’un accès égal à l’éducation, le revenu par habitant augmenterait de 23 % au cours des quarante prochaines années. Si toutes les femmes avaient accès à l’éducation primaire, les mariages d’enfants et la mortalité infantile pourraient être réduits d’un sixième et les décès maternels de deux tiers. »

Une circulaire publiée discrètement cet été a mis un terme à la « bourse au mérite ». Désormais, les critères d’éligibilité seront uniquement sociaux. A gauche comme à droite, la mesure divise et remet la notion de méritocratie au centre du débat.

UN VOCABULAIRE PRÉCIS ET CIBLÉ, EN VOIE D’EXTINCTION ET NON D’EXTENSION, EN PASSE D’ÊTRE REMPLACÉ PAR UN SEUL MOT.

Écoutez-le, ce vieil instituteur, donnant à son petit-fils une leçon de vocabulaire sur les cris des animaux :

Depuis quelques semaines, la droite, à l’instar de Jean François Copé, l’extrême droite et des mouvements fondamentalistes religieux sont passés à une offensive grave à la fois contre l’école et contre l’égalité femmes-hommes.

(…)  « Demandez-moi quelles seront les trois priorités de mon gouvernement et je vous répondrai : l’éducation, l’éducation et l’éducation. » Le 1er octobre 1997, à l’aube de son premier mandat, Thony Blair martèle sa certitude : l’école constitue « la meilleure politique sociale puisqu’elle permet de construire une société où le travail et le mérite, et non l’appartenance de classe ou les privilèges, dessinent votre parcours ».

La question de la laïcité a été une fois encore au cœur de l’actualité à cette rentrée scolaire 2013.

Mais la définition de ce principe est un enjeu politique majeur : s’agit-il d’affirmer un interdit (encore un) pesant sur certains élèves plutôt que d’autres ou de poser un principe émancipateur permettant à l’école de s’adresser à tous ?

… SANS COMPLEXE. LE 19 SEPTEMBRE DERNIER, un communiqué enflammé de l’académie de Paris a officialisé la signature d’un partenariat dont elle est sûre qu’il sera une « véritable source de progrès pour tous ». Ah? Et qui donc est ce miraculeux partenaire dont pourront se réjouir les élèves de la capitale?