Quarante milliards d’€ à trouver…

… la Macronie présente le reste du « quoiqu’il en coûte », entre autre…

Pour équilibrer les comptes, tout en maintenant l’objectif de déficit public à 4,6 % du PIB, il va en effet falloir « un effort supplémentaire de 40 milliards d’euros », a prévenu Éric Lombard.
Un effort « très considérable », a-t-il même commenté dimanche midi sur BFMTV, tout en maintenant l’objectif de 5,4 % cette année.
Un effort deux fois plus important qu’en 2025, où la France doit réaliser 20 milliards d’économies. Si ce n’est pas de l’austérité — un terme qu’Eric Lombard réfute — cela y ressemble fort.
Car la piste d’une augmentation des impôts est clairement écartée à cette heure. « Hors de question », tranche Éric Lombard, qui mise sur « la croissance » pour apporter des recettes fiscales tout en annonçant que « pour tenir le déficit, il faut tenir la dépense publique, et d’ailleurs cela va être la règle dans les années qui viennent ».
La porte-parole du gouvernement Sophie Primas le concède, voilà une « équation difficile » qui attend le gouvernement et le Premier ministre. François Bayrou va s’y coller mardi 15 avril 2025, au cours d’une conférence sur les finances publiques.
Présents, outre les ministres de l’Économie et des Comptes publics, cette conférence doit réunir des parlementaires, la Sécurité sociale et les collectivités locales, qui seront elles aussi mises à contribution pour trouver des économies à réaliser.

Sur la question de la dépense publique, le printemps sera chaud.


Aurélien Poivret. Le Dauphiné. 14/04/2025

Des réactions, des questions ?

Combien de postes en moins à l’hôpital, au risque d’allonger les temps d’attente des patients aux urgences ? Combien d’enfants en difficulté scolaire parce que leur professeur absent n’est pas remplacé, ou parce que les élèves sont trop nombreux dans leur classe ?

Combien de licenciés abusivement, demandeurs d’emploi privés d’indemnités, contraints d’accepter un travail précaire et mal payé ? Combien de fins de mois toujours plus difficiles pour les travailleurs comme les retraités ? En annonçant une réduction de 40 milliards d’euros des dépenses publiques en 2026, le gouvernement s’apprête à dégrader encore la qualité des services publics et à appauvrir la population.

Pour justifier ce choix, le ministre de l’Économie Éric Lombard pointe le recul de sa prévision de croissance de 0,9 % à 0,7 % pour cette année, provoqué par la guerre commerciale de Donald Trump.

Indéniablement, celle-ci risque d’entraîner une réduction des recettes fiscales, mais les politiques austéritaires ne datent pas d’aujourd’hui : elles abîment le pays depuis 1983. Le seul budget 2025 prévoit 50 milliards d’euros de coupes, auxquelles se sont ajoutés 5 milliards d’euros de gels de crédits la semaine dernière, sans que cela donne lieu à un débat au Parlement.

Il a d’ores et déjà écarté l’hypothèse d’une hausse des impôts pour les plus riches et celle d’une remise à plat des aides publiques aux entreprises. François Bayrou veut faire adopter le budget 2026 avec un minimum de débat et sans vote en recourant au 49.3. La conférence vise donc à s’assurer qu’il ne se trouvera aucune majorité pour voter la censure. Quand il parle de proclamer l’« état d’urgence budgétaire », Éric Lombard ne se trompe pas. Qui dit « état d’urgence » dit, en effet, suspension de la démocratie


Pierre-Henri Lab


Une réflexion sur “Quarante milliards d’€ à trouver…

  1. bernarddominik 16/04/2025 / 10h14

    La réalité est plus sombre c’est 150 milliards par an qu’il faudra trouver pour ne pas augmenter notre dette abyssale et 200 si on veut commencer à rembourser. L’administration c’est 30% du coût de l’hôpital en France, moitié moins ailleurs. Quand on y va en consultation on passe plus de temps aux secrétariats (celui de l’entrée et celui du service). En France il y a un fonctionnaire pour 5 habitants, 1 pour 15 en Allemagne 1 pour 25 en Suède. Il y a 40 ans il y avait 1 employé municipal pour 100 habitants en moyenne on en est à 1 pour 30, et pourtant on a déplacé de nombreux services dans l’agglomération. La machine administrative est devenue incontrôlable, et dans certains service on ne travaille pas plus de 3 heures par jour

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