C’est bien sûr un titre à double sens, visant autant la majorité que l’opposition. Le droit à toutes expressions se doit d’être libre et chaque proposition relayée le plus objectivement possible par les médias. Sans accepter les exactions, à force de ne pas entendre les revendications, une « dérive »  populaire pourrait s’accentuer jusqu’au drame. MC

  1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible.
  2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques.
  3. Abandonner aux extrêmes droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie.
  4. Sauf à continuer de soupirer après ce qui n’arrivera pas — un « autre euro » et l’« Europe sociale » qui va avec — le réarmement des gauches européennes passe donc impérativement par l’imagination de l’après-euro.

L’avenir de la gauche se joue entre ces quatre propositions.

Jonathan Israël est l’un des plus fins connaisseurs des Lumières. Ses travaux remettent les idées au cœur de la Révolution française et contestent ainsi l’influence accordée aux causes sociales, économiques et politiques pour expliquer le soulèvement de 1789.