La France, toujours « NON » au Mercosur.

Le traité de libre-échange avec le Mercosur, c’est toujours non. Avant l’arrivée attendue de Lula ce jeudi 05/06/2025 à Paris pour une visite d’État de deux jours — la première depuis douze ans pour un président brésilien -, filières agricoles (viande bovine, volaille, betterave et sucre et céréales) et députés ont redit mercredi avec fermeté leur opposition à l’accord conclu début décembre 2024 entre la Commission européenne et les pays d’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay).

« Cet accord reste inacceptable en l’état », a martelé Stéphane Travert, député Ensemble pour la République de la Manche, ex-ministre de l’Agriculture et à l’initiative de la réunion transpartisane (PCF, Verts, PS, Ensemble pour la République, Horizons et LR) avec les filières. Ce dernier a appelé à « poursuivre les efforts. Nous devons utiliser tous les recours tant que c’est possible. La diplomatie a encore de beaux jours devant elle », espère-t-il.

Opposée au texte, la France réclame l’instauration de clauses miroirs (des règles réciproques) pour les normes sanitaires et environnementales. Cela fait des mois que le gouvernement cherche à constituer une minorité de blocage au Conseil européen, qui nécessite de réunir au moins quatre pays représentant au moins 35 % de la population européenne.

Le président Emmanuel Macron et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard multiplient les rencontres avec leurs homologues européens. « Je suis résolument mobilisée pour empêcher cet accord déséquilibré, qui menace gravement l’avenir de nos agriculteurs et de notre agriculture française. Il n’y a même pas de clause de sauvegarde agricole effective. Mon objectif est clair : atteindre une minorité de blocage pour protéger nos filières et défendre nos intérêts nationaux. Ce combat exige une action déterminée et constante, que je mène sans relâche auprès de mes homologues européens », a dit Annie Genevard à votre journal.

Droits de douane

À ce jour, elle a obtenu des engagements fermes de la part de la Pologne, de l’Autriche et de la Hongrie. Elle a échangé mercredi avec son homologue belge et doit encore prêcher la position de la France auprès de l’Irlande, des Pays-Bas et de la Roumanie. Elle veut également se rendre en Italie, où la question du Mercosur était déjà au menu de la rencontre entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, mardi. Mais, dans le contexte de la guerre commerciale ravivée par Donald Trump, « les rapports de force sont bouleversés dans l’UE. Certains estiment qu’il faut accélérer sur la ratification pour contrebalancer les effets négatifs des droits de douane », a rappelé l’économiste Thierry Pouch. Un argument que ne manquera pas de redire le président Lula.

On ne sait toujours pas si la Commission compte scinder le traité en deux entre le volet commercial et le volet politique. Mais pour le moment, il ne l’est pas. « La France doit faire valoir son droit de veto », a réclamé Jean-François Guihard, président d’Interbev (bétail et viandes). De son côté, Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, appelle le gouvernement à saisir la Cour dejustice de l’UE, se posant la question de la « compatibilité du traité avec le droit européen ».


Charlotte Murat. Le Dauphiné. 05/06/2025


Une réflexion sur “La France, toujours « NON » au Mercosur.

  1. bernarddominik 06/06/2025 / 11h52

    C’est un non de façade rien n’empêche le gouvernement de faire des contrôles sur les viandes importées et les bloquer si elles ne respectent pas nos normes. De plus l’affichage obligatoire des conditions de production permettrait d’y voir plus clair.

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