ONPC: Buggraf, Ruquier et Moix, reine et rois de l’inconvenance.

Dans un talk-show ONPC diffusé par une chaîne publique -en l’occurrence France 2-, devrait être observé une certaine neutralité des intervieweurs en période officielle électoraliste.  Les « sorties » des uns ou des autres présentées dans la diffusion de ce samedi 1er avril était proprement inadmissible tant envers de P. Poutou que de F. Philippot ou de ceux « considérés » comme de petits candidats voire des marginaux de la politique par ce trio d’intervieweurs uniquement soucieux de faire le Buzz. MC


Philippe Poutou. Un mois après avoir été traité avec une condescendance sans équivoque de la part de l’animatrice Vanessa Buggraf, Philippe Poutou était de retour samedi 1er avril sur le plateau d’On n’est pas couché (France 2). Et le candidat du NPA a encore passé un mauvais moment. Après un échange questions/réponses avec les deux animateurs, la tension monte.

“Très sympa ce soir Monsieur Moix”

“Si on avait plus de temps de parole peut-être qu’on ferait un petit peu plus aussi”, rétorque Philippe Poutou à Laurent Ruquier qui lui fait remarquer qu’il devrait faire “plus de voix” étant donné que la même politique est menée par les gouvernements successifs, selon le candidat. “Ou un petit peu moins”, lâche Yann Moix. “Très sympa ce soir Monsieur Moix”, répond l’invité en souriant. “Je sais que là, on rit toujours, et puis le lendemain, avec vous c’est : ‘les salauds, ils m’ont pris de haut’, poursuit Moix. “Sympathique en coulisses et beaucoup moins sympathique sur Twitter”, renchérit Laurent Ruquier, avant de lui couper à plusieurs reprises la parole, ne laissant pas le candidat terminer son raisonnement. “Vous sortez vos conneries pendant des minutes et puis après vous dites : ‘y a plus de place’”, conclut Philippe Poutou. Voir la video

Au mois de février, Philippe Poutou avait fustigé l’émission : “Ce sont deux intervieweurs assez désagréables. Il faut se dépatouiller. La demi-heure passe hyper vite. C’est comme une épreuve sportive. (Mais) la médiatisation ne peut que nous aider”, avait-il déclaré dans une vidéo postée sur Facebook. Vanessa Buggraf avait fini par présenter ses excuses.

Source Les Inrocks


Florian Philippot. Il y a deux semaines, la venue de Florian Philippot dans On n’est pas couché, avait donné lieu à des échanges tendus entre le vice-président du Front national et Laurent Ruquier. Rebelote ce samedi, lorsque le frontiste y est allé de son reproche : « Vous avez toujours dit que vous refusez d’avoir un représentant FN dans votre émission, comme si elle vous appartenait. » (à partir de 46 minutes et 26 secondes dans la vidéo ci-dessous)

« Le jour où vous arriverez au pouvoir, vous me virerez sans problème, a rebondi l’animateur. (…) J’assume, vous n’arrêtez pas de dire que je suis un militant anti-Front national… » Ce à quoi Florian Philippot a rétorqué : « Vous l’avez dit. » « Eh bien, écoutez, vous me complimentez », a répondu Laurent Ruquier avec le sourire, sous les applaudissements d’une partie du public.

« Quand Franck de Lapersonne animera une émission… »

« Vous êtes contre 30 % de vos téléspectateurs ? » a ensuite lancé l’homme politique en faisant référence au pourcentage estimé d’électeurs FN. Réponse de l’animateur : « Non, car j’imagine que s’ils n’aiment pas cette émission, ils ne la regardent plus. Il faudrait vraiment qu’ils soient cons, alors. (…) Est-ce que vous, quand vous aurez vos animateurs en place, car vous les aurez, quand Franck de Lapersonne [le comédien qui a annoncé son soutien à Marine Le Pen] animera une émission, je ne suis pas sûr qu’il plaira à 70 % des autres téléspectateurs. »

La blague n’a pas fait rire Philippot qui a rebondi : « En prenant cet exemple par l’absurde, vous démontrez donc que les animateurs sont choisis en fonction d’orientations politiques. » « Je n’ai pas été choisi en fonction de mes orientations politiques. Qui m’a choisi ? » a alors demandé Laurent Ruquier qui n’a jamais caché que son cœur était  à gauche sur l’échiquier politique et qui anime On n’est pas couché depuis 2006.

« Si l’audience vous permet encore d’exister »

« J’ai des idées, mais je ne suis pas militant de quelque parti que ce soit », a insisté l’animateur face à son interlocuteur. Des propos qui font écho à ceux qu’il a tenus lors de l’émission diffusée le 18 mars : « Je ne suis pas militant contrairement à vous, je n’ai pas de carte, je n’appartiens à aucun parti. Vous m’avez déjà vu dans un meeting, monsieur Philippot ? »

« Et si vous êtes au pouvoir, qu’est-ce qu’il risque ? » a demandé, quelques instants avant la conclusion, Yann Moix au vice-président du FN. « Il ne risque rien du tout, mais je crois que c’est lui qui a dit : »Mon émission n’existera plus », ce qui est faux. » « Oh, c’est une bonne nouvelle que vous m’annoncez ! » s’est amusé Laurent Ruquier. Et Florian Philippot de revenir à la charge : « Enfin, si l’audience vous permet encore d’exister… » Mais Laurent Ruquier n’était pas prêt à se laisser faire : « Ecoutez, l’audience est bonne, sinon vous ne seriez pas là, vous iriez dans une autre émission. » – Voir la vidéo https://youtu.be/roP_rO7eI1U

Source 20 Minutes  –

Moix « tête à clash »

Venus assister à l’enregistrement de la grand-messe du samedi soir, les deux cent quarante spectateurs parient sur le nom de la prochaine victime de Yann Moix entre deux bouchées d’un sandwich triangle.

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Échanges tendus entre O. Besancenot et Y. Moix.

Invité sur le plateau d’”On n’est pas couché”, l’ancien porte-parole du NPA n’a pas connu de round d’observation. Lire la suite

La télé des orientés

En une décennie, «  On n’est pas couché » (ONPC) est devenu l’épicentre de la scène politico-médiatique. Une arène hétéroclite où se mêlent experts en dérision, « nouveaux réacs » et philosophes vedettes.

Chaque jeudi, en fin d’après-midi, Catherine Barma s’installe en régie pour suivre le long enregistrement de l’émission  » On n’est pas couché « .Il faut tenir trois à quatre heures, les yeux rivés sur l’écran où Laurent Ruquier, sourire accroché au visage, reçoit dans un décor clinquant figurant une arène artistes en promo, essayistes à la mode et politiques en vue.

En neuf ans, la grande prêtresse des samedis soirs sur France 2 et son animateur vedette ont fait de ce rendez-vous hebdomadaire le point de rencontre de ceux qui viennent dérouler  » leur actualité « , comme disent les attachés de presse, et l’épicentre de tous les débats politiques en France. Catherine Barma, mince silhouette blonde mais gros carnet d’adresses de la vie parisienne, en a choisi soigneusement chaque invité. Pour parler de cette autodidacte mais fille d’un ancien de l’ORTF, c’est toujours la même phrase qui revient à son sujet :  » Elle a du flair. «  Une qualité qui, à la télé, vaut davantage que tous les savoirs.

La productrice n’a pas son pareil, en effet, pour renifler l’air du temps. Orchestrer des polémiques dont jamais, de sa régie, elle ne coupe le moindre mot. Et faire de ces  » anti-système « , toujours prompts à protester qu’on les bâillonne, les nouveaux hérauts des plateaux télé.  » Ce n’est pas une émission facile à faire, dit-elle pour répondre aux critiques qui pleuvent depuis la rentrée. Et parfois nous avons l’impression qu’elle nous dépasse. Mais ce n’est pas nous qui avons changé, c’est la société.  »

En près d’une décennie, Catherine Barma, qui assure se situer pour sa part  » plutôt dans la tendance Valls et Macron « , a ainsi accompagné –  » caricaturé plutôt « , accusent ses détracteurs – les soubresauts d’une scène politique brouillée où grandes gueules de gauche et  » nouveaux réacs «  de droite, philosophes médiatiques et experts en dérision tiennent avec aplomb le haut du pavé.

Le phénomène Zemmour ? Elle y a contribué, propulsant à l’antenne cinq années durant le journaliste du Figaro magazine après l’avoir repéré chez un autre de ses animateurs fétiches, Thierry Ardisson. Nadine Morano, invitée cinq fois jusqu’à cette émission du 27 septembre qui a tant fait débat après que l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy y a évoqué  » la France, pays de race blanche «  ? Encore elle… On s’émeut d’entendre de tels mots sur une chaîne de service public ? La voilà qui soupire :  » En 1 heure 11 d’interview, les gens ont le temps de se révéler…  »  » Impression de déséquilibre «  François Fillon et Nicolas Sarkozy peuvent bien affirmer qu’ils ne mettront jamais les pieds dans cette agora où Laurent Ruquier, l’animateur vedette de l’émission, semble rire de tout sous les applaudissements d’un public venu comme au spectacle.

Rares sont ceux qui résistent à cette caisse de résonance sans équivalent à la télévision française. Les éditeurs courtisent Barma, les journalistes la ménagent, la plupart des élus rêvent qu’elle les appelle. Chacun sait trop combien l’émission peut gonfler les ventes d’un livre, remplir une salle de théâtre ou fournir un public d’électeurs potentiels qu’aucun meeting n’égalera.

Depuis un mois, pourtant, quelque chose paraît avoir changé. Sur Twitter a fleuri un nouvel hashtag :  » Boycott ONPC « . Des communicants recommandent tout haut aux politiques de ne plus aller dans l’émission. Laurent Ruquier et Catherine Barma sont sur la défensive. Jamais, depuis sa création le 16 septembre 2006, France 2 ne s’est vraiment mêlée du contenu de l’émission.  » Avec 25 % de parts d’audience, un million cinq cent mille spectateurs en moyenne chaque samedi soir et des centaines de milliers de spectateurs en replay, c’est une chambre protégée « , reconnaît-on au sein de la direction du groupe audiovisuel public.

Mais au surlendemain de la diffusion de l’entretien de Nadine Morano, le nouveau directeur de France 2, Vincent Meslet, a donné rendez-vous à Catherine Barma pour un café, puis déjeuné avec Laurent Ruquier. Il s’inquiétait de  » l’impression de déséquilibre «  créée par la présence concomitante de la candidate aux primaires du parti Les Républicains et de Geoffroy Lejeune, disciple du maurrassien Patrick Buisson, rédacteur en chef à Valeurs actuelles et auteur d’une fiction, Une élection ordinaire, publiée par les sulfureuses éditions Ring, mettant en scène l’accession d’Éric Zemmour… à la présidence de la République.

 » Dans un contexte où la parole s’est désinhibée à droite, il faut trouver des invités susceptibles de porter la contradiction « , a recommandé Vincent Meslet. Mais la nouvelle direction de France Télévisions, réputée proche de François Hollande, n’a pas trouvé la parade. La chaîne continue pourtant de faire figurer  » ONPC « dans sa case  » divertissements « . Faisant mine d’ignorer le statut de ce talk-show que la journaliste Léa Salamé, recrutée en 2014 par le tandem Barma-Ruquier, qualifie pourtant sans hésiter de  » seul lieu de débat idéologique en France « .  » Idéologique, oui, parce qu’avec Éric Naulleau, nous l’avons voulu ainsi ! « , revendique Éric Zemmour, dont l’ombre continue de planer dans la mémoire du public d’ » ONPC « .

L’ancien polémiste vedette a toujours théorisé sans détours son influence supposée sur la tournure qu’a très vite prise l’émission.  » En arrivant en 2006, je me suis rendu compte que c’était les émissions de divertissement qui étaient les plus idéologiquement orientées, assure ce lecteur de Gramsci. Les invités politiques étaient les prétextes à imposer l’idéologie dominante, dont les chanteurs, les acteurs, les artistes étaient les véritables porte-voix. Alors, délibérément, j’ai choisi de la retourner et, plutôt que de les interroger comme un journaliste, de débattre avec eux.  » Un Etat dans l’Etat «  Quelle est votre question ?  » Dans les premières émissions, toujours visibles sur le Net, on peut encore entendre Laurent Ruquier interroger Zemmour avec un rire inquiet.

 » Mais il n’y avait pas de question ! affirme l’auteur du Suicide français (Albin Michel, 2014). Chevènement, Mélenchon, Taubira ferraillaient et les autres perdaient pied. «  Malgré la défection de nombre d’artistes, effrayés par ce plateau transformé en prétoire, la culture du buzz et du clash s’étend à l’ensemble de l’émission, bientôt relayée sur le Web par France Télévisions elle-même, en best-of d’une à deux minutes.  » Barma et Ruquier ont mis du temps à comprendre ce que je faisais, s’amuse encore ce dynamiteur autoproclamé. Ils sont les chantres de l’idéologie dominante mais ils ne croient pas qu’ils font de l’idéologie. Ensuite, ils ont été contents de faire de l’audience… « 

Son compère Éric Naulleau, autre trouvaille de Barma, est à peine moins péremptoire :  » Nous étions un peu un Etat dans l’Etat, une dimension parallèle de l’émission. Barma croyait avoir engagé Simon and Garfunkel, elle s’est retrouvée avec les Sex Pistols ! «  Bal des ego Seulement Éric Zemmour – «  cet intellectuel conservateur mais pas réac « , a longtemps assuré la productrice Barma – se met à glisser dangereusement. Dans  » Salut les Terriens « , l’émission d’Ardisson diffusée sur Canal+,  » Zemmour 2  » comme elle l’appelle aujourd’hui pour signifier qu’elle ignorait cet autre visage, affirme en 2010 que  » la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes « . Il récidive quelques semaines plus tard. Sur les plateaux d’ » On n’est pas couché « ,  » Éric «  est parfois sifflé mais lorsque l’émission s’achève, une partie du public vient lui faire signer des autographes.

Laurent Ruquier, qui a refusé haut et fort jusqu’ici de recevoir Marine Le Pen, peut bien se dédouaner derrière ses blagues, il ne sait plus justifier la présence à ses côtés de ce journaliste dont les positions ne dépareraient pas au Front national. La présidentielle approche, il faut s’en séparer. Mais le pli politique est pris. La productrice et l’animateur, qui cherchent un nouveau tandem, sollicitent le philosophe Michel Onfray et le journaliste de RMC Jean-Jacques Bourdin. Onfray  » nous connaît, nous fait confiance et nous aime « , assure Catherine Barma. Le créateur de l’Université populaire de Caen refuse pour raison familiale. Bourdin sans Onfray est moins enthousiaste.

La productrice lors d’un déjeuner l’a averti : il faudra sourire aux plaisanteries de Ruquier et il  » ne se voit pas rire sur commande « , dit-il aujourd’hui. Face au refus des deux hommes, on opte pour deux femmes. Barma a repéré dans  » Ce soir (ou jamais !) « , présentée par Frédéric Taddeï, une jeune spécialiste de l’éducation au Figaro qui revendique son  » souverainisme et assume un journalisme d’opinion « . Natacha Polony,  » chevènementiste, réactionnaire de gauche et républicaine «  comme elle se définit elle-même, prendra la place de Zemmour. Pour figurer la gauche, la production choisit Audrey Pulvar, alors compagne du député socialiste Arnaud Montebourg. L’émission connaît un creux d’audience. Le public raffole des polémistes mais déteste les connivences officialisées.

Le succès revient en 2012 cependant en appariant cette fois Natacha Polony à Aymeric Caron, malgré leur détestation mutuelle. Le tandem dure deux ans, droite contre gauche et bal des ego. Régulièrement, cependant,  » ONPC « est accusé d’inviter tout ce que le monde médiatique compte d’antieuropéens et de déclinistes. C’est aussi pour calmer ces critiques qu’après avoir accompagné le dynamitage du clivage gauche/droite et l’essor des anti-modernes, Catherine Barma et Laurent Ruquier ont engagé un duo de débatteurs plus flou politiquement, formé par Léa Salamé et Yann Moix.

Mais c’est le piège des jeux du cirque :  » ONPC «  ne marche pas s’il est aseptisé. Il faut pour la rentrée que Michel Houellebecq règle ses comptes avec les enquêtes du Monde, que Michel Onfray déboulonne  » la gauche donneuse de leçon « , que Nadine Morano dévide ses préjugés et qu’Alain Finkielkraut la défende.  » Avant, les invités bien-pensants étaient confrontés aux chroniqueurs mal-pensants. Maintenant, c’est le contraire, triomphe Zemmour. La production est obligée de faire porter la mal-pensance par ses invités ! « 

Dans le grand maelström des idées confuses,  » ONPC  » subsiste presque seule sur le terrain des talk-shows politiques, avec ses débats à l’emporte-pièce et ses rires sans mordant. Suivant le mot du philosophe Nietzsche,  » malheur à moi, je suis nuance « , les penseurs de la complexité, les modérés, et plus généralement les universitaires, les entrepreneurs, toute une partie du tissu social s’est exclue de ce miroir déformant de la société. On ne les invite pas, ils ne veulent pas y aller.

 » Le résultat est que les gens croient se vider la tête, mais en fait ils se la remplissent, remarque la sémiologue Mariette Darrigrand. Ce n’est pas une propagande mécaniste, mais cela organise leur vision du monde. «  Sur les réseaux sociaux, un temps accusé de gauchisme, Laurent Ruquier est maintenant soupçonné de faire le lit de l’extrême droite.  » Beaucoup d’animateurs invitent le FN parce qu’ils ont peur de se couper des 20 % à 25 % des électeurs qui votent pour lui, pas moi « , se défend-il. Puis, pour couper court aux attaques, s’évade d’une pirouette :  » Je me pose vraiment des questions sur l’année prochaine, avec l’élection présidentielle qui arrive. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de mettre le nez dans ce merdier. « 

Bacqué Raphaëlle, Le Monde – Source

Yann Moix, ce fielleux fascine un peu, révulse beaucoup.

Nouveau venu dans On n’est pas couché sur France 2, fait des étincelles du haut de son verbe assassin. Mais sous le masque du fielleux se cache un chroniqueur passionné. Rencontre et portrait. Lire la suite