Asli Erdogan, écrivaine et journaliste (1), qui a passé quatre mois en prison, est accusée de « propagande terroriste » pour ses chroniques publiées dans le quotidien kurde « Özgür Gündem » et risque la perpétuité. Exilée à Francfort, elle est devenue la porte-parole de la résistance au pouvoir turc

 Ça a été une révolution, en fait : en France, le terrorisme a débloqué des paroles, qui étaient déjà prêtes à éclore, mais avec une violence qu’on n’imaginait pas. Et puis la crise financière internationale commencée en 2008 s’est amplifiée, a précipité des instabilités dans tous les pays d’Europe, a démonté la Grèce, la crise des émigrés a été fondamentale, il y a eu tous ces morts, on a vu apparaître des camps et on s’est habitués à tout ça.

Qui accueille vraiment les réfugiés ?

Les gouvernements occidentaux font semblant de découvrir l’ampleur du chaos syrien avec l’afflux de réfugiés des dernières semaines. Mais seule une infime minorité des onze millions de Syriens fuyant la guerre civile arrive à atteindre l’Europe au terme d’un voyage périlleux. Pour l’essentiel, ils trouvent refuge dans une autre région de leur pays, en Turquie, au Liban et en Jordanie, où cette présence massive perturbe les équilibres socio-économiques et politiques.

Il n’y aurait pas eu de « crise des réfugiés » sans crise en Syrie. Une grande partie de ceux qui ont tenté de rejoindre l’Europe par la mer Méditerranée depuis le début de l’année sont syriens.

La Syrie est le théâtre d’une confrontation multidimensionnelle: confessionnelle, certes, mais surtout géopolitique, opposant des puissances locales, régionales et internationales aux intérêts antagonistes.

L’éditorial du monde daté du 26 juillet nous a interpellé. En lançant des interventions armées à la fois sur EI (Etat Islamique) et sur le peuple Kurde, Erdogan pourrait déporter les conflits sur le sol européen. Est-ce une maladresse calculée, ou sous cette couverture se cacherait les USA au travers l’OTAN ? MC

Dans « l’impérialisme est l’ennemi des peuples : le cas de la Libye », nous avons écrit : « Profitant de la révolte du peuple libyen contre le régime de Kadhafi devenu despotique et anachronique, l’impérialisme américain et son caniche européen tentent par tous les moyens d’intervenir en Libye pour installer un régime qui servira leurs intérêts (…) Le peuple libyen serait alors privé de sa révolution, de sa richesse et connaîtrait une situation aussi tragique que celle que subit actuellement le peuple irakien ou afghan par exemple » (1).

Aujourd’hui cette tragédie est de plus en plus évidente.