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Ségur a encaisser …

C’était 6 milliards d’euros pour les personnels soignants non médicaux des établissements de soins publics (1,2 million de salariés pour la seule fonction publique hospitalière) et privés, ce sera 300 millions pour les 100.000 médecins hospitaliers, a annoncé ce lundi soir Olivier Véran, le ministre de la Santé, à l’issue d’une réunion avec les représentants des personnels médicaux.

« On s’attendait à un choc d’attractivité, on a eu un choc de déception, réagit Rachel Bocher, présidente de l’Intersyndicale nationale des praticiens hospitaliers, INPH. Ça représente une hausse moyenne de salaire de 3 %, ça n’est pas ainsi que l’on va revitaliser l’hôpital et éviter la fuite des cerveaux ».

Les autres représentants syndicaux qualifient la proposition du ministre d’« inadmissible », pour l’un, « nulle », pour un autre… Les praticiens du public demandaient le double

Voilà donc relancée, à la veille d’une nouvelle journée d’action à l’hôpital, la grogne des représentants des médecins hospitaliers qui participent actuellement au « Ségur de la Santé » et dont certains, la semaine passée, ont claqué la porte des négociations dénonçant le manque d’informations et de calendrier.

Selon les estimations de la Fédération hospitalière de France (FHF), il faudrait, pour une juste réévaluation des rémunérations des praticiens du secteur public, au moins 650 millions d’euros par an. Avec 300 millions, on en est donc loin.

« Revaloriser fortement les salaires des médecins, c’est quasiment une obligation », juge la FHF qui représente les mille établissements de santé publics français où 25 % des postes de médecins sont vacants, faute de trouver preneurs.

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Daniel Rosenweg. Le Parisien. Titre original : « Olivier Véran leur propose 300 millions : colère des médecins hospitaliers ». Source (extrait)


Par le vécu. Ma femme soignée pour une maladie rare au CHU de Montpellier par un « jeune » professeur très spécialisé dans cette maladie (un de ces fous de recherche médicale désintéressé financièrement, mais si ça existe encore !). Cette maladie oblige ma femme à subir régulièrement différents diagnostics (pour connaître et parer à son évolution) auprès d’un certain nombre de médecins hyper spécialisés. Dans toutes les spécialités ou elle est obligée de passer, les chefs de service changent pratiquement tous les 6 à 8 mois. Leurs compétences n’est pas à démontrer bien au contraire, tous quittent le service public pour s’installer dans le privé ou disent-elles-ils non seulement ne seront pas d’astreint-e-s aux gardes régulièrement, mais aussi profiteront d’un salaire le plus souvent multiplié par deux au minimum, somme qui nous somme normal au regard de leurs compétences acquises après de longues années d’études et des salaires de misère. Il y a même deux services hyper pointus (l’un était le seul en France, l’autre était le seul dans la région sud de la France) qui ont été carrément fermés et médecins et matériels invités à ouvrir dans un établissement privé. Ce témoignage confirme que petit à petit le service hospitalier public est en train de se déliter dans la plus grande indifférence de nos gouvernants. MC