Les bonnes feuilles en exclu: Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts démontent l’empire Bolloré

Purges, coups bas et censure : dans L’Empire – Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+, Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, cofondateurs du site Les Jours, racontent la liquidation de Canal par l’ogre Vivendi. Nous en publions en avant-première le dernier chapitre.

Si la grand-messe de Canal+ est désormais moribonde, le dîner cosy de France 5, présenté par Anne-Sophie Lapix, attire toujours plus de monde. Plongée avec ses acteurs dans les coulisses d’un vrai succès de télévision.

On se souvient qu’au début de la reprise en main par Vincent Bolloré de la ligne éditoriale de Canal+, une enquête consacrée au Crédit mutuel avait été trappée. Une censure qui avait fait du bruit. C’est sûrement pour éviter ce barouf médiatique désagréable que dorénavant, sur la chaîne cryptée, on veille en amont sur les sujets. En éliminant tout ce qui dérange.

La direction de Canal + a décidé de ne pas poursuivre la procédure de licenciement contre le journaliste Jean- Baptiste Rivoire, rédacteur-en-chef adjoint du magazine Spécial Investigation. Convoqué lundi 19 octobre par la direction des ressources humaines de la chaîne, M. Rivoire, assisté du délégué syndical CGT, s’est vu remettre une lettre en mains propres dans laquelle il est informé que Canal+ ne poursuivra pas la procédure initiée à son encontre le 9 octobre.

La diffusion d’un documentaire annulée, Le Grand Journal version enquête supprimé, Vincent Bolloré ne semble pas apprécier le journalisme d’investigation, et ne prend pas de pincettes pour imposer ses décisions. Quitte à changer progressivement le visage de Canal+.

Trente ans après sa création, Canal+ reste une chaîne pas comme les autres. La semaine dernière, pendant deux jours, la perspective de voir son émission satirique emblématique,  » Les Guignols de l’info « , quitter l’antenne a provoqué une tempête de réactions, jusque dans le monde politique, pourtant victime de prédilection des célèbres marionnettes.