Les PME dans la tourmente économique
Les défaillances d’entreprises, singulièrement des petites et moyennes, ont atteint un pic historique en 2024 – et ce n’est pas fini.
Le chiffre impressionne : 66 422 défaillances d’entreprises en France en 2024. Soit le plus haut niveau depuis quinze ans qu’existe cette étude de la banque BPCE, et 28 % de plus qu’en 2019, dernière année « normale » avant les confinements du Covid.
Une partie de ce total, plus d’un tiers (37 %) selon la BPCE, résulte d’ailleurs d’un rattrapage des faillites évitées par les aides du « quoi qu’il en coûte ».
Plus grave…
Mais « il y a plus grave », souligne Alain Tordjman, directeur des études économiques de la BPCE. C’est d’abord l’hécatombe parmi les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire), soit les entreprises employant plus de 9 salariés et de moins de 5000 : dans cette catégorie, le nombre de défaillances augmente de 51 % par rapport à 2019.
Ensuite, les entreprises frappées sont non pas les très nombreuses créées après le Covid, mais « les plus anciennes, les plus enracinées ». Ces deux « points d’alerte » amènent à un troisième : l’impact très lourd en emplois, avec 260 000 emplois menacés.
Tous les secteurs d’activité ne sont pas également touchés. Parmi les plus en difficulté, la filière automobile, plus précisément les concessionnaires victimes de la chute des ventes des véhicules neufs :1597 défaillances d’entreprises l’année dernière, 33 % de plus qu’en 2019.
Hécatombe parmi les agences immobilières.
Plus grave encore, la construction et l’immobilier, qui concentrent un quart du total des défaillances d’entreprises. L’année dernière a ainsi vu la défaillance de 1232 agences immobilières, et le seul dernier trimestre de 303 entreprises de promotion immobilière, contre 54 au dernier trimestre de l’année précédente.
Et l’année prochaine ?
Pas meilleure, avec une estimation de 68 000 défaillances. Cela pour les mêmes raisons qu’en 2024 : une croissance très molle, tirée par la commande publique et les exportations, donc moins favorable aux TPE-PME ; l’héritage du Covid, avec des prêts (PGE) et des dettes Urssaf encore à rembourser ; et bien sûr le chaos politique, dont plus de la moitié des patrons de PME (56 %) estime qu’il a un « impact fort » sur l’activité de l’entreprise.
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 09/01/2025
Il n’y a pas de mystère avec 6% de déficit l’état injecte dans l’économie 200 milliards d’euros. Notre déficit n’a jamais été inférieur à 3% ces 20 dernières années, avec cette manne qui n’est pas due au travail des français, notre économie s’est habituée à vivre au dessus de ses moyens. Et quand l’état en prend de plus en plus pour son fonctionnement il en reste moins pour les entreprises. Les français épargnent plus face à une conjoncture morose. Ces 2 phénomènes ne peuvent que conduire à une récession plus sévère (les médias se gardent bien de dire qu’une inflation inférieure au déficit signifie une récession).