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D’un côté, l’épidémie de diabète se propage, de l’autre l’industrie du sucre et celle des médicaments ne se sont jamais aussi bien portées. En partie grâce aux lobbys qui n’ont cessé de saper les mesures de prévention.

L’ONG Corporate Europe Observatory (CEO) […] dans un rapport de juillet 2016, intitulé  » Une cuillère pleine de sucre « , [démontre preuves à l’appuits] comment les industriels de l’agroalimentaire combattaient toutes les taxes sur les produits sucrés ou les systèmes d’étiquetage nutritionnels. […] CEO a dénombré près d’une douzaine d’associations professionnelles défendant leur cause à Bruxelles – dont la puissante FoodDrinkEurope – coût an estimé du lobbying 21,3 M€ (2016). […]

En France, comme en Europe, les  » Big Six  » : Coca-Cola, Mars, Mondelez, Nestlé, PepsiCo, Unilever, se sont opposés à l’étiquetage nutritionnel simplifié, qui est censé aider les consommateurs à distinguer les aliments selon leur teneur en sel, gras et sucre. […]

Selon CEO, le puissant lobby FoodDrinkEurope aurait en tout dépensé 1 milliard d’euros en campagne de publicité et d’influence pour éviter une telle législation au niveau européen. Et l’Unesda (les industriels européens des sodas) n’a pas hésité à payer l’agence de communication Fleishman-Hillard pour éditer un site Web dont le message principal revient à dire que taxer les produits sucrés n’a pas d’incidence claire sur les changements de comportement alimentaire… […]

En France, ils ont dépensé pour inonder les médias de toutes natures :

Aux Etats-Unis, seul pays au monde, avec la Nouvelle-Zélande, où la publicité pour les médicaments est autorisée, les industriels ont investi 6,4 milliards de dollars en réclames l’an passé. Lilly figure dans le top 10 des laboratoires les plus dépensiers avec 142 millions de dollars déboursés pour promouvoir son antidiabétique Trulicity, à grand renfort de spots TV. En 2015, le site iSpot.tv estimait que les laboratoires avaient investi 468 millions de dollars dans des spots vantant les mérites de leurs antidiabétiques, contre 194 millions en 2014.


Cécile Ducourtieux, Le Monde – Titre original « La santé KO debout face aux lobbys » – Source (EXTRAIT) 


Lobbies de la santé : tout se joue au niveau européen

Le lobbying ne s’exerce pas seulement au Palais Bourbon, à l’Elysée ou au ministère de la Santé. Il s’exerce aussi au Parlement européen, à la Commission européenne ou encore à l’Agence européenne du médicament. On dénombre plus de 20.000 lobbyistes à Bruxelles. Parmi eux, les firmes pharmaceutiques sont les plus actives. Et pour cause lorsqu’une directive est adoptée, elle s’applique aux 27 pays. Influencer des lois à Bruxelles peut donc rapporter gros.


Source (Partielle)