Le gouvernement se fait pourfendeur, en ce début de semaine, des « dérives » de l’enseignement supérieur privé.
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Triste bilan Borne…
Il est plus juste d’attribuer ce triste bilan au roi Élyséen Macrounet 1er qu’à sa serveuse de plat Elisabeth de Matignon… MC
- Vingt-trois 49.3 et puis s’en va
Nommée à Matignon en mai 2022, Élisabeth Borne a appliqué le projet macroniste en tordant comme jamais le bras du Parlement, où elle ne disposait que d’une majorité relative. C’est sous son action que la France a vécu l’une des plus grandes attaques antidémocratiques et antisociales de la Ve République, avec le recul de l’âge légal de la retraite imposé à 64 ans, alors même que des millions de citoyens s’étaient mobilisés contre ce texte dans le pays. Cette réforme a de plus été adoptée à la suite d’un 49.3, sans aucun vote des députés, le gouvernement échappant de très peu à une motion de censure.
Mais, malgré des efforts acharnés, Élisabeth Borne n’a pas eu le temps de battre le record de 49.3 de Michel Rocard. Car, si le socialiste avait utilisé l’arme atomique parlementaire 28 fois en trois ans, la macroniste l’aura pour sa part dégainé 23 fois en un an et sept mois… Et pourtant, elle aura bel et bien avancé comme jamais dans l’affaiblissement du Parlement.
Car, Michel Rocard n’usait du 49.3 qu’au moment de faire adopter les textes législatifs, après avoir laissé le soin à l’Assemblée de débattre et d’examiner les projets de loi. Élisabeth Borne, elle, brandissait le 49.3 à tout bout de champ. « Non seulement les députés ont été privés de vote, mais ils ont aussi été privés d’expression dans l’Hémicycle », notait le spécialiste du travail parlementaire Philippe Quéré, juste après l’adoption du dernier budget par 49.3 et sans aucune discussion. L’exécutif privait ainsi la nation et les citoyens de tout débat sur des questions budgétaires pourtant centrales dans leur quotidien…
Et néanmoins, Élisabeth Borne a vanté son bilan dans sa lettre de démission. « Je me suis attelée à faire adopter (…) plus de 50 lois qui répondent aux défis de notre pays et aux préoccupations des Français. » « Hors textes financiers, nous avons su bâtir des majorités de projet dans l’esprit de dépassement de votre élection en 2017. » L’élection de 2017 s’était pourtant faite à l’occasion d’un vote de barrage face à l’extrême droite.
- La gauche lui dit « adieu, sans remords »
Le dernier « dépassement » en date, ce sera par contre fait avec la droite et l’extrême droite, lors du vote de la loi immigration, durant lequel la Macronie s’est prononcée pour l’instauration d’une forme de préférence nationale contre les étrangers, y compris ceux en situation régulière. Soit une attaque inouïe contre nos fondamentaux républicains.
Et dire qu’Élisabeth Borne venait des rangs du PS… Dans les rangs de l’opposition de gauche, la critique est unanime. Le sénateur PCF Ian Brossat a ainsi déclaré : « Trahir tous ses principes et finir virée dans l’indifférence générale. Élisabeth Borne venait de la gauche et restera dans l’histoire pour avoir repris la préférence nationale et imposé la réforme des retraites. Adieu, sans remords. »
Pour l’écologiste Cyrielle Chatelain, « Élisabeth Borne a voulu servir l’État. À la place, elle aura servi un président sans cap, sans valeur, qui n’a qu’une seule obsession, détruire notre modèle social ». L’insoumise Mathilde Panot a estimé qu’avec son usage répété du 49.3, Élisabeth Borne a laissé « une démocratie salement amochée ».
Elle ajoute : « Peu importe par qui le monarque la remplacera, nous exigeons un vote de confiance au Parlement. » En un an et sept mois à Matignon, jamais Élisabeth Borne ne se sera soumise à cette procédure élémentaire de toutes les démocraties parlementaires. Mathilde Panot menace d’ores et déjà le prochain exécutif d’une motion de censure.
Élisabeth Borne était la deuxième femme à occuper le poste et devait incarner le virage écologique d’Emmanuel Macron… « Votre travail au service de notre nation a été chaque jour exemplaire. Vous avez mis en œuvre notre projet avec le courage, l’engagement et la détermination des femmes d’État. De tout cœur, merci », a écrit le président sur le réseau social X, quelques minutes avant l’annonce officielle du départ de sa première ministre. Ce qui a fait dire au premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, qu‘« après le licenciement par mail, Emmanuel Macron invente le licenciement par tweet ».
Aurélien Soucheyre – Gaël De Santis. Source (divers extraits)
Regard de l’histoire
Il est des anniversaires qui se fêtent discrètement, même quand les comptes sont ronds.
Lire la suiteBorne, 1ere Sinistre et ses casses sociales
Celle qui pronait la « valeur » de ses réformes : assurance-chômage, la SNCF, etc., a beau avoir été proche du PS, elle incarne la continuité d’un quinquennat très à droite.
Non, ce n’est pas de l’anti féminisme primaire. C’est juste un constat, elle va pouvoir poursuivre la mise en route de lois dites « sociales » qui sont uniquement destructrices des acquits de 1945.
Emmanuel Macron voulait nommer une femme. C’est fait. Il cherchait un profil capable de mener la « planification écologique », voire d’envoyer un message aux électeurs de centre gauche. C’est raté.
À 61 ans, Élisabeth Borne n’incarne pas non plus le renouveau ou la « méthode nouvelle » souhaitée à l’Élysée.
Membre de tous les gouvernements depuis 2017, sa nomination comme première ministre est l’aboutissement d’un parcours classique en Macronie, fait d’allers-retours entre la haute fonction publique et les conseils d’administration de grandes entreprises.
Fille de patrons dans l’industrie pharmaceutique, elle a le cursus scolaire d’une parfaite « techno » : polytechnicienne, diplômée des Ponts et chaussées et du Collège des ingénieurs, avant de faire ses premières armes au ministère de l’Équipement en 1987.
C’est alors qu’elle se rapproche de plusieurs figures du PS, sans jamais prendre sa carte au parti – contrairement à la République en marche (LR-EM), qu’elle rejoint en 2017.
Après un passage rapide à la Sonacotra, elle intègre divers cabinets de ministères socialistes, puis, en 1997, entre à Matignon comme conseillère technique chargée des transports.
Cette thématique est en effet devenue la spécialité d’Élisabeth Borne, qui lui vaudra d’être nommée en 2002 directrice de la stratégie de la SNCF, puis de la RATP, entre 2015 et 2017. « Élisabeth Borne n’y a pas laissé un souvenir impérissable en matière de défense du service public, estimait en 2017 le syndicaliste Fabien Cormier. Avec elle, c’est le règne du tout-concurrence et du dumping social. »
La casse sociale et des services publics, Élisabeth Borne sait faire.
Ministre des Transports entre 2017 et 2019, c’est elle qui porte la réforme ferroviaire qui casse la SNCF et détruit le statut des cheminots, malgré une grève historique. Le « dialogue social » sera pourtant au programme de son passage à Matignon, avec la réforme des retraites, qu’elle devait déjà porter lors de son arrivée au ministère du Travail en juin 2020, avant d’être reportée.
Deux ans, rue de Grenelle, marqués par la pandémie, pendant laquelle elle a assuré que « ce n’est pas au travail que le virus circule » pour justifier le retour des travailleurs et l’absence de véritables mesures de protection, et a « laissé faire les licenciements par des entreprises qui avaient touché des aides publiques pendant la crise », retient l’économiste Maxime Combes. Surtout, c’est elle qui a mené la réforme de l’assurance-chômage, détruisant les droits de nombre d’allocataires.
Entre les Transports et le Travail, Élisabeth Borne a aussi connu un passage au ministère de l’Écologie. Et ça tombe bien : elle sera en charge de la planification écologique. […]
Une authentique technocrate jamais élue
Élisabeth Borne connait bien le dossier de l’écologie, pour avoir été directrice de cabinet de la ministre Ségolène Royal en 2014 et 2015. À ce titre, elle cosigne avec les sociétés concessionnaires d’autoroutes l’accord qui allonge jusqu’à six ans les concessions accordées aux groupes privés…
Ce qui lui vaut d’être définie comme « une technocrate (…) devenue au gré de ses allers-retours du public vers le privé la lobbyiste des groupes privés d’autoroutes ». Outre ses passages entre le privé et le public (comme à la fin des années 2000, où, cadre pour Eiffage, elle devient préfet de Poitou-Charentes), le député pointe aussi ses intérêts. Comme lorsqu’en 2020 elle a omis six mandats de sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, dont sa participation au conseil d’administration de l’Institut de la gestion déléguée (IGD), un lobby favorable à la délégation des services publics au privé…
La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon est donc loin d’être une rupture dans la politique d’Emmanuel Macron. Avec elle, ce serait même « une nouvelle saison de maltraitance sociale », selon Jean-Luc Mélenchon.
Florent LE DU. Source (Extraits)
Lu dans un article du Huffington Post
Pour Julien Bayou, Olivier Faure ou encore Clémence Guetté, Élisabeth Borne est surtout la femme qui a porté les réformes les plus impopulaires du précédent quinquennat, à l’image de la refonte -décriée- de l’assurance chômage ou de celle de la SNCF.
« En tant que Ministre du Travail, elle a perpétué une politique brutale à l’égard des personnes les plus vulnérables dans le pays », cinglent par exemple les dirigeants d’EELV dans un communiqué. Pour eux, le fait de voir une femme s’installer à Matignon, trente ans après Édith Cresson, est le « seul motif de satisfaction ».
Pour Jean-Luc Mélenchon, elle est « l’une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste ». « Une nouvelle saison de maltraitance sociale et écologique commence. Élisabeth Borne incarne la continuité de la politique du président de la République », a-t-il tonné lors d’une conférence de presse organisée quelques minutes seulement après l’annonce. […]
Déficit imaginaire de l’assurance-chômage
Alors que des millions de gens tueraient père et mère pour décrocher un boulot au Smic, la ministre du Travail s’attaque à la priorité des priorités : le déficit de l’assurance-chômage. Comment est-ce possible ?
« Je pense que la réforme de l’assurance-chômage est nécessaire, pour lutter contre la précarité, et pour dissuader des entreprises de recourir de manière excessive à des contrats de travail de courte durée. » Élisabeth Borne, BFMTV le 28 février 2021
Lire la suiteÉlisabeth Borne – Portrait.
Formée à l’école Jospin, la remplaçante de Rugy, qui cumule les Transports et l’Écologie, est du genre austère
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