Trump, le Groenland, des raisons…

L’intérêt de Donald Trump pour le Groenland a commencé durant son premier mandat : en août 2019, il a envisagé d’acheter l’île comme une « grosse transaction immobilière ».
Traduction, il ne se soucie pas du territoire lui-même (tout comme l’Ukraine d’ailleurs), mais plutôt de ses ressources riches en fer, nickel, or et métaux rares (lithium, niobium…), importantes pour l’industrie de défense et la transition énergétique, particulièrement accessibles grâce à la fonte des glaces.

Donald Trump ajoutait en 2019 qu’acheter le Groenland serait aussi « stratégiquement sympa pour les États-Unis ». Car cette terre apparemment perdue au nord de l’Atlantique prend une tout autre importance quand on observe le globe depuis le pôle Nord.
On voit mieux alors que sa capitale, Nuuk, est à distance quasi égale (un peu plus de 3000 kilomètres) de Copenhague, Washington et Mourmansk, le port russe sur la mer de Barents.

« La plus grande île du monde est la pierre angulaire de la défense et de la sécurité des régions de l’Arctique et de l’Atlantique Nord », souligne le professeur de géopolitique Klaus Dodds dans Le Grand Continent. La crainte principale des États-Unis n’est pas la Russie, dont le président Vladimir Poutine a redit vendredi son peu d’intérêt pour l’île – tout en s’inquiétant de la voir devenir « un tremplin pour d’éventuels conflits ». Non, explique Klaus Dodds : l’objectif premier de Donald Trump est de « s’assurer que le Groenland ne tombe pas dans l’orbite économique et sécuritaire de la Chine », autoproclamée « État proche de l’Arctique » depuis 2018. Loin d’être sa dernière tocade, la question du Groenland est pour lui stratégique dans la lutte contre son adversaire n°1, la Chine.

À suivre…


D’après un article de Francis Brochet. Le Dauphiné. 31/04/2025