…. agents de la fonction publique décrète le ministre
Le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, a choisi de cibler l’absentéisme des fonctionnaires en réduisant l’indemnisation des arrêts maladie. Pourtant, le présentéisme, qui consiste à travailler en étant malade, pourrait s’avérer plus coûteux pour la société.
- La critique des fonctionnaires est un thème récurrent à droite, où ils sont considérés comme les visages d’un secteur public à réduire.
- La glorification du travail est également un thème récurrent.
Ces deux éléments ont contribué à la création de stéréotypes sur les fonctionnaires.
Le gouvernement a donc décidé de se concentrer sur l’absentéisme, avec le ministre de la Fonction publique à la tête de cette initiative.
La sénatrice Laurence Rossignol a souligné que d’autres priorités, comme l’amélioration des services publics, auraient pu être envisagées. Au lieu de cela, le ministre propose de réduire la rémunération des arrêts maladie de 100 % à 90 % et d’étendre le délai de carence de, un à trois jours, arguant d’un alignement avec le secteur privé.
Cependant, il oublie que de nombreux employés du privé ont des protections supplémentaires. Les chiffres montrent une augmentation des absences, mais ne tiennent pas compte de la tendance à la baisse prévue. Les comparaisons doivent également prendre en compte les types d’emploi et les caractéristiques des travailleurs.
Le présentéisme, qui est souvent ignoré dans une perspective libérale, est souvent le résultat de pressions. Les effets incluent une augmentation des maladies, du stress et une baisse de productivité.
La réforme proposée pourrait aggraver cette situation, générant des économies pour la Sécurité sociale, mais à quel prix pour la société ?
Le ministre, Guillaume Kasbarian…
Le souhait du ministre de la Fonction publique d’aligner le délai de carence des fonctionnaires sur celui des salariés du privé a ulcéré les organisations syndicales.
Trois jours de délai de carence ? Alors autant de jours de grève. Deux des principaux syndicats de fonctionnaires, FO et la CGT, ont appelé jeudi 7 novembre 2024 à la « mobilisation » et la « grève » au sortir d’une réunion avec le ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian, qui s’est donc soldée par un échec.
« On va prendre le jeu du ministre au mot : trois jours de carence, trois jours de grève », a ainsi lancé Christian Grolier, secrétaire général de l’UIAFP-FO. Le leader syndical faisait référence au souhait du gouvernement d’aligner les délais de carence des fonctionnaires — de 1 jour actuellement — sur ceux du privé, sur trois jours (pour ce qui est de la règle générale, car la majorité des salariés du privé échappent en pratique à ces trois jours).
Le secrétaire général de l’UIAFP-FO a dit vouloir travailler avec l’intersyndicale « la plus large possible ». « C’est évident que la CGT va s’inscrire dans un mouvement de grève », a abondé Sylviane Brousse, coordinatrice de la CGT Fonction publique, dénonçant le « mépris » du ministre.
Le ministre assure vouloir « maintenir le dialogue »
Pour sa part, la secrétaire générale de l’UFFA-CFDT Mylène Jacquot s’est montrée bien plus nuancée, évoquant des « mesures positives » puisque « le ministre renonce complètement à la suppression des catégories » qui régissent la grille de rémunération des fonctionnaires, mesure portée par l’ancien ministre Stanislas Guerini. « Ce projet-là, cette fusion des catégories A, B et C, a été mis de côté », a confirmé Guillaume Kasbarian vendredi matin sur RMC, ajoutant vouloir « se concentrer sur d’autres sujets ».
Interrogée sur sa participation à la mobilisation annoncée par les deux autres grandes organisations syndicales, elle a expliqué : « La CFDT va mettre les choses dans l’ordre, (…) on va attendre que le ministre nous transmette, comme il en a pris l’engagement des éléments de réponse écrits » dans les 24 heures. « Et puis on écoutera nos équipes », a-t-elle expliqué.