« C’est un scandale d’État ! »
Le député (Droite républicaine, Isère) Yannick Neuder ne décolère pas devant l’annonce de la vente d’Opella, filiale de Sanofi, au fonds d’investissement américain CD & R. Envisagée depuis des semaines, la cession a été confirmée vendredi par Sanofi, qui a écarté au passage une offre moins généreuse du fonds franco-international PAI Partners on parle de près de 16 milliards d’euros.
Si Opella est inconnu du grand public, il en va autrement de ses produits, le Maalox ou le Doliprane, celui-ci étant le médicament le plus consommé en France. C’est donc un scandale d’État, dénonce Yannick Neuder, « qu’un médicament aussi utilisé par l’ensemble des Français soit vendu à un fonds d’investissement américain. Cela pose la question de la souveraineté sanitaire : on n’a tiré aucun enseignement de la crise Covid, quand les masques les médicaments ont manqué ! »
Bercy ne s’interdit pas de bloquer la cession
La polémique n’a cessé d’enfler, poussant le ministre de l’Économie Antoine Armand et le ministre de l’Industrie Marc Ferracci à se rendre ce lundi à Lisieux, première usine du groupe qui emploie 950 personnes en France (dont une partie à Compiègne).
- Antoine Armand a fait savoir dimanche qu’il ne s’interdisait pas de bloquer la cession s’il n’est pas garanti que le médicament continue à être produit en France.
- Marc Ferracci a juré sur France 3 avoir reçu de l’entreprise « des engagements sur le maintien de la sécurité sanitaire des Français et le maintien de l’emploi en France. »
- Réaction de Yannick Neuder : « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. »
Cette cession renvoie aux promesses du président de la République en juin 2023 à Annonay (Ardèche), sur l’urgence de relocaliser en France la production de quelques médicaments « essentiels », à la lumière des enseignements du Covid et de l’exigence de « souveraineté ».
Elle interroge aussi Yannick Neuder sur l’avenir de l’usine de production de paracétamol de Seqens, en cours de construction à Roussillon (Isère) : « Une usine de 120 millions d’euros, dont 40 de l’État. Son équilibre est garanti par l’approvisionnement d’UPSA et de Sanofi pour le Doliprane : si Sanofi délocalise un jour la production, on aura construit une usine pour rien ! »
Sanofi sans vergogne…
- Sanofi, qui avait choqué durant la crise du Covid en annonçant vouloir vendre ses vaccins aux États-Unis s’ils payaient mieux que la France.
- Sanofi, plusieurs fois épinglé pour les salaires de ses dirigeants, et qui a distribué l’année dernière à ses actionnaires 4,3 milliards d’euros de dividendes (pour 43 milliards de chiffres d’affaires), selon le sénateur Pascal Savoldelli.
- Sanofi, dont le conseil d’administration est présidé par Frédéric Oudéa, PDG de la banque Société générale au moment du scandale d’évasion fiscale des « Panama Papers », et qui compte parmi ses membres Patrick Kron, PDG d’Alstom dont il avait bradé la branche « énergie » à l’américain General Electric.
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré 14/10/2024
Frederic Oudea pdg de Sanofi ne serait il pas le mari de notre ex ministre des sport Mme Oudea Castera? Rien ne m’étonne de cette engeance qui ne vit en France que piur la piller
Oui, Monsieur est bienn le conjoint de Madame l’ex Ministre de l’Education…