Le salon de l’agriculture n’est ni un cirque médiatique, ni un cirque politique, ni un cirque militant », a clamé sans rire Gabriel Attal lors de la première de ses multiples venues au cirque en question. À chaque tour de piste, il y a fait ce que, précisément, il dénonçait. C’est-à-dire, à l’intention des médias, de la politique comme un militant macroniste en campagne.
Car, si ce Salon, avec ses veaux, vaches, cochons et leurs propriétaires en colère, est devenu un cirque, c’est, à l’évidence et doublement, d’abord d’un cirque électoral qu’il s’agit.
Doublement, car, au-delà de l’affrontement politique du week-end dernier qui se poursuit cette semaine avec, d’un côté, Macron, Attal et une bonne partie du gouvernement, et, de l’autre, Bardella, le RN et consorts, les paysans et, surtout, leurs syndicats ont aussi des préoccupations en matière d’élections. Ils mesurent, bien sûr, leur poids dans les européennes, qui auront lieu dans moins de quatre mois, et le large soutien dont ils bénéficient dans l’opinion.
Ce qui, même si la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) apparaissent divisés, ne compte pas pour rien dans leur empressement à en rajouter dans leurs revendications. Mais cette propension à faire monter les enchères avec Macron, comme avec les Vingt-Sept à Bruxelles, dont ils attendent un assouplissement de la PAC, est aussi inhérente à un scrutin de corporation, celui des élections aux chambres d’agriculture, qui auront lieu dans moins d’un an.
Les paysans, comme les politiques, sont en campagne.
Et même les œufs lancés et les échauffourées du week-end dans la paille, consécutives au foin causé par la venue de Macron par une porte dérobée ont donné le ton. Après une arrivée calamiteuse puis plus de dix heures en bras de chemise à tenter de convaincre de l’action de son gouvernement sur la question, Macron a vite délaissé la parabole agricole pour rentrer dans le lard du Rassemblement national en général et de Bardella en particulier.
Lequel l’a d’autant plus remonté qu’il a pu, quant à lui, labourer les travées du Salon comme en terrain conquis. « Le président de la République a un cap et une vision », est venu ajouter en défense le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Il parlait d’agriculture, mais chacun a bien compris que, le cap, c’était les européennes, et que la vision, redoutée, était celle de voir le RN les remporter.
L’heure est à l’offensive sur tous les fronts. Après les poulets et le blé ukrainiens, longuement évoqués dans les débats du Salon, c’est de la guerre en Ukraine qu’il a été question. En revenant mardi matin porte de Versailles, ce n’est pas de la PAC ou de l’élevage que le Premier ministre a parlé, mais de ce qu’avait déclaré son patron la veille à la conférence internationale de soutien à l’Ukraine. À savoir qu’« on ne peut rien exclure dans une guerre », y compris l’envoi de troupes au sol. Et il est aussitôt passé du coq à l’âne – l’endroit s’y prêtait — pour parler des « semeurs de chaos » que sont le RN et Bardella… Lesquels ont par ailleurs hurlé contre la sortie anti-Poutine de Macron.
Le « cirque » politique, électoral et agricole n’est pas terminé. Le cirque guerrier sur l’Ukraine ne fait pas oublier que Macron, Attal et leurs troupes, pour ne pas perdre aux européennes, doivent d’abord battre le RN.
Éditorial d’Erik Emptaz. Le Canard enchaîné. 28/02/2024
Attal, comme d’habitude, n’a pas compris qu’on n’était plus au 19ème siècle, et que l’information va plus vite qu’un cheval au galop. Oui le salon est un cirque médiatique et par conséquence un cirque politique. La plus grande ferme de France est aussi un commerce vitrine, et en s’en emparant les politiques se sont mis au niveau du saucisson à l’ail, de la betise de Cambrai, de l’andouille bretonne…
Le salon de l’agriculture, comme divers salons, ne devient un cirque politique qu’orchestré organisé par les différents médias chassant le clash pour assurer l’info de leur chaîne assurant leur rentabilité financière.
Le problème des agriculteurs n’est hélas pas d’aujourd’hui, sauf que le président de la FNSEA a besoin d’encore plus d’argent à tirer/subtiliser de diverses instances.
Ce n’est plus un salon mais un cirque médiatique… qui sème le vent, récolte la tempête… il fallait s’y attendre.. et cela ne grandit pas le débat, mais pourrait inciter à augmenter les chiffres de l’abstention, d’une élection qui n’a jamais vraiment passionné… Bruxelles et Strasbourg sont loin..