Attaque aux indemnités chômage des seniors

Non content que le gouvernement ait allongé la durée du travail jusqu’à 64 ans avec la réforme des retraites et sabré de nouveau les droits des chômeurs avec la loi « plein-emploi », le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, veut maintenant s’en prendre plus spécifiquement aux chômeurs de plus de 55 ans. […]

« Si vous avez plus de 55 ans, la durée d’indemnisation, c’est 27 mois alors qu’aujourd’hui, le lot commun, c’est 18 mois. Pourquoi ? », a-t-il interrogé avant d’enchaîner : « C’est une hypocrisie, une façon de [les] mettre à la retraite de manière anticipée (…) Si une personne de plus de 55 ans n’a pas de difficultés physiques, de troubles musculo-squelettiques et qu’elle n’a pas eu un métier pénible, on a besoin d’elle. »

Faut-il dès lors réussir à contraindre les employeurs à les embaucher ou à les garder en poste plutôt que de les remplacer par des salariés moins payés faute d’une carrière aussi longue ?

 Vous n’y êtes pas du tout.

À en croire Bercy, ce sont les privés d’emplois qu’il faut convaincre de retourner à la tâche en leur sucrant leur indemnité. Car, pour le gouvernement, en matière de chômage il n’y a qu’un responsable : le chômeur, toujours suspect d’être un fainéant qui profiterait de la générosité du modèle social.

Ces déclarations sont aussi une manière de fixer le cap alors que les négociations avec les syndicats et le patronat doivent démarrer prochainement sur le « nouveau pacte de la vie au travail », promis par Emmanuel Macron au moment de la réforme des retraites. […]

Au menu des négos à venir :

  • Augmenter le taux d’emploi des seniors (56 % en 2021 pour les plus de 55 ans, selon la Dares),
  • « Mieux lutter contre l’usure professionnelle »,
  • Faciliter les reconversions,
  • Créer un « compte épargne temps universel »

Si aucune mesure ne doit augmenter la dépense publique, le texte mentionne aussi l’engagement de faire évoluer les règles d’indemnisation des seniors pris dans l’accord du 10 novembre sur l’assurance-chômage (refusé par certains syndicats).

Selon le locataire de Bercy, la remontée du chômage ne signe pas l’échec de sa politique, seulement que la casse sociale n’a pas été assez loin. […]


D’après un article signé Julia H. Source (Extraits)


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