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Une enquête parue dans un numéro Hors-série N° 18 H de Charlie hebdo, intitulé « Les profs, les sacrifiés de la laïcité », a retenu toute notre attention. 52 pages, 6 euros, que nous vous conseillons de vous procurer, parents d’élèves, profs comme tous les employés dans le ministère de l’éducation nationale. MC

Préambule : « Si on laisse Dieu s’installer à l’école laïque, alors je n’ai plus rien à y faire … »

C’est une histoire glaçante. Celle de P., 37 ans, prof de français dans un lycée du Gard, douze ans d’ancienneté. Il a «décroché » une première fois à la rentrée de 2014. « De plus en plus de gamins n’avaient plus que cette phrase à la bouche : « M’sieur, sur le Coran, je vous jure que… » »

P. essaie de comprendre. Mais très vite il saisit que ces mômes sont d’un analphabétisme religieux presque total : « Ils ne fréquentaient pas la mosquée, ils ignoraient tout du Coran. Je les sentais de plus en plus agressifs avec moi, ils insultaient les jeunes filles portant des jeans trop serrés ou des jupes trop courtes. Je ne te parle même pas des gays, ils en prenaient pour leur grade… »

C’est en janvier 2015, après les attentats, que P. a fini par craquer : « Ils ont refusé de se lever et d’honorer la mémoire des morts pendant la minute de silence en classe. Pire : l’un d’entre eux a murmuré : « Sur le Coran, c’est bien fait pour eux… » Le tout ponctué d’un ‘Allah akbar » qui résonne encore dans ma tête. » La suite? Un calvaire pour P « J’en ai parlé à ma hiérarchie, à mes collègues. Mais tous m’ont dit :  Pas d’histoire, P., laisse tomber, ce sont des petits crétins ». « Tout le monde avait la trouille devant ces élèves. J’ai essayé de discuter avec eux, mais la guerre en Syrie revenait en boucle. Ils étaient fascinés par Daech, par tous ceux qui s’enrôlaient pour faire le djihad là-bas. »

L’enquête :

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, P. prend sa décision quand il se rend compte que tout le personnel éducatif est tétanisé à l’idée d’évoquer le carnage à Paris : « C’était de la lâcheté. Quant aux élèves, leur regard n’exprimait que du mépris parce que j’évoquais le respect de la laïcité dans mon enseignement. Comme j’ai refusé de me mettre en maladie, je suis parti. Si on laisse Dieu s’installer à l’école, alors je n’ai plus rien à y faire…»

Des histoires comme celle-ci, Bernard Ravet, ancien principal de collège à Marseille (1), nous en avait beaucoup raconté pour Charlie (2). Notamment de jeunes enseignantes démissionnaires, lassées d’être traitées de « salopes ». Il nous avait conseillé de rencontrer Jean-Pierre Obin, un ancien inspecteur général de l’Éducation nationale : « Tout ce qui se produit aujourd’hui, il l’avait écrit dans un rapport qui est resté enterré pendant… onze ans. Un vrai scandale! »

  • Que disait ce rapport sur « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires », remis en juin 2004. ?
  • Pourquoi les gouvernements successifs sous Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande l’ont-ils dissimulé au grand public?

La réponse tombe comme la foudre : « Chez les politiques au plus haut niveau, raconte J.-P. Obin, mais aussi au niveau des recteurs et des inspecteurs d’académie, c’était le « surtout pas de vagues » qui prévalait. Il y avait toujours une bonne raison de le dissimuler : la crainte de répression sur des otages français à Bagdad, la montée du FN, la peur d’être traités de racistes; et le plus souvent l’incapacité pour les élites de traiter intelligemment le problème de la montée en puissance de l’islam dans les établissements scolaires. »


Par respect pour le travail d’enquête et journalistes, le reste de ce long article très explicite de la situation de l’ensemble de l’éducation nationale primaire, lycée, collège, facultés, … est disponible avec un code  … voir condition de procuration via : Menu Articles Réservés Éducation nationale, antre de la demi-laïcité ? Suite réservée