Sous les ors de la Cour de cassation et les capes de fourrure de rentrée solennelle, le verbe reste nécessairement policé. Le cri d’alarme lancé jeudi 14 janvier par les deux plus hauts magistrats de France, Bertrand Louvel, premier président de la Cour, et Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour, n’en prend que plus de force. Ils s’inquiètent de la place laissée à la justice par le gouvernement. Bien sûr, il y a l’état d’urgence. Mais il y a plus.

Depuis les attentats qui ont secoué la France, des dizaines de personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour apologie du terrorisme, tombant sous le coup d’une loi aussi récente que controversée. Au point de menacer la liberté d’expression ?