Au petit matin, alors qu’il faisait encore nuit, la police a fait irruption dans l’appartement des parents d’Amar, en banlieue parisienne. « Ils m’ont menotté et m’ont plaqué au sol », se souvient-il. « Quand je leur ai demandé pourquoi ils faisaient cela, il m’ont juste dit que je représentais une menace potentielle. » La perquisition n’a entraîné aucune enquête pénale à son encontre, mais le souvenir de ce raid nocturne continue à hanter Amar et sa famille.

Cette scène s’est produite en novembre 2015, peu de temps après les effroyables attaques de Paris

Sous les ors de la Cour de cassation et les capes de fourrure de rentrée solennelle, le verbe reste nécessairement policé. Le cri d’alarme lancé jeudi 14 janvier par les deux plus hauts magistrats de France, Bertrand Louvel, premier président de la Cour, et Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour, n’en prend que plus de force. Ils s’inquiètent de la place laissée à la justice par le gouvernement. Bien sûr, il y a l’état d’urgence. Mais il y a plus.