Le Conseil d’analyse économique a rendu, mardi 2 septembre 2025, sa note dédiée aux effets de l’exil fiscal sur l’économie au premier ministre, François Bayrou. Contrairement à la panique agitée par le gouvernement, comme par les plus riches, l’étude démontre que la taxation des plus foyers les plus fortunés n’entraîne qu’une hausse « relativement modeste », environ 0,2 %, des exils fiscaux.
Le Conseil d’analyse économique (CAE) l’affirme : « Les hauts patrimoines et hauts revenus du capital sont relativement peu mobiles, lorsqu’on les compare à la population moyenne ou aux hauts revenus du travail. » Pour résumer, la disquette répétée par les multimilliardaires et le camp macroniste – qui voudrait que la taxation des riches amène à un exode massif de ces derniers – n’est pas étayée.
Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, l’a pourtant ressorti fin août, à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France : « Nous voulons que vous restiez toutes et tous en France. » Le CAE, rattaché à Matignon, a remis sa note intitulée « Fiscalité du capital : quels sont les effets de l’exil fiscal sur l’économie ? » au cabinet du premier ministre, mardi 2 septembre. Or, les auteurs y démontrent que la taxation des plus hauts revenus n’a qu’un effet « relativement modeste » sur l’exil fiscal.
À long terme, selon l’étude, une hausse du taux d’imposition sur les revenus du capital des 1 % les plus riches entraînerait l’expatriation de 0,02 à 0,23 % des hauts patrimoines concernés… soit seulement entre 90 et 900 foyers. À titre de comparaison, le « Global Wealth Report 2025 », publié par la banque suisse UBS, comptabilise 2,897 millions de millionnaires français sur l’année 2024.
L’Insee estimait quant à elle, en 2020, que les 1 % les plus aisés dans l’Hexagone représentent 274 000 ménages fiscaux, dans lesquels vivent 640 000 personnes. Ce total est passé à 385 000 ménages en 2025, selon le CAE. Les auteurs de l’étude ont justement étudié l’effet de deux « chocs fiscaux » sur ces derniers : la suppression du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), en 2013, puis, en 2017, celle de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), suivie par l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Les réformes de 2013 ont entraîné une augmentation des départs nets de 0,04 à 0,09 point de pourcentage, soit au pire quelque 350 ménages. L’allègement fiscal de 2017 a quant à lui fait baisser les départs nets de 0,01 à 0,07 point. Entre le nombre réduit d’exils et les restructurations et réaffectations de salariés consécutives au départ d’un dirigeant d’entreprise, les départs provoqués par une augmentation de 4 milliards d’euros de la fiscalité du top 1 % des contribuables n’entraînerait, au niveau national, qu’une baisse de 0,03 % du chiffre d’affaires, de 0,04 % de la masse salariale et de 0,05 % de la valeur ajoutée.
Surtout, à la lumière d’une étude scandinave de 2024, les auteurs montrent que les comportements comme l’optimisation ou l’évasion fiscale ont des effets 2,5 fois plus élevés sur le rendement de l’impôt que l’exil fiscal. « Déménager ses intérêts économiques à l’étranger est très coûteux, et cela ne se fait pas du jour au lendemain », résume Antoine Bozio, économiste au CAE.
De quoi permettre aux auteurs de l’étude de penser que « le débat public, en se focalisant sur l’exil fiscal, se trompe sans doute de cible ». Selon ces derniers, « il semble essentiel de recentrer le débat sur les autres marges de réponse des hauts patrimoines à la fiscalité, notamment sur les stratégies d’optimisation pour échapper à l’impôt ». Pour mieux y parer, pourrait-on ajouter.
Article non signé, lu dans un quotidien
0,2% des exils fiscaux ou 0,2% suivant qui c’est ça peut coûter cher.
Qui c’est ce conseil? Quelles sont ses compétences. Jusqu’à maintenant les divers conseils économiques se sont montré plutôt faux.