… la suppression de jours fériés inquiète les entreprises…
Pour la troisième fois depuis avril, un « Conseil des entreprises » a rassemblé les représentants des entreprises et les principaux ministres de Bercy, lundi. Ces derniers ont dit vouloir donner des « preuves d’amour » et des garanties de « prévisibilité » dans un environnement politiquement et commercialement « instable ». [Voilà pour la façade et les médias. MC]
Mais à l’issue de la réunion, le président de l’U2P, Michel Picon, a exprimé son « inquiétude » sur la suppression des deux jours fériés proposée par le Premier ministre François Bayrou dans son plan de redressement des finances publiques, pour un gain attendu de 4,2 milliards d’euros.
Mercredi, la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet avait indiqué qu’il serait demandé aux entreprises de « s’acquitter d’une contribution » en contrepartie « de la richesse créée ». Bercy a indiqué retenir à ce stade une contribution de 0,6 % pour les deux jours.
Essayons de clarifier cette proposition : deux jours fériés, normalement rémunérés double, deviennent des heures travaillées au tarif normal et seraient taxés à 0,6 %. Si ces jours fériés ne sont plus rémunérés mais pourtant travaillés, la taxation serait sur un montant théorique de 0,6 %. En résumé, les entreprises bénéficieraient de la minoration horaire d’un côté, mais paieraient 0,6 %, ou bénéficiant de deux jours travaillés sans paiement seraient taxés, oui mais sur quel montant : le coût salarial théorique de ces deux jours ou sur la rémunération minorée ? MC
Michel Picon a jugé cette mesure « très préjudiciable à l’hôtellerie, à la restauration, aux collectivités locales, aux stations balnéaires ». Pour Patrick Martin, président du Medef, première organisation patronale, s’il y a une contribution pour les entreprises, « cela n’a plus aucun intérêt pour elles ».
Ces deux journées s’ajouteraient à la conversion depuis 2004 du lundi de Pentecôte en « journée de solidarité ». Travaillée mais pas payée, elle est assortie d’un prélèvement correspondant à 0,3 % de la masse salariale pour financer une meilleure prise en charge des personnes âgées ou handicapées.
D’après un article lu dans le Dauphiné du 22 juillet 2025
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L’Avis de B.H.
Oui une idée contestable.
Pour le commerce un jour férié de moins c’est un jour d’ouverture en plus, mais rien ne prouve que le chiffre d’affaires va augmenter.
Pour le tourisme ce sont des jours perdus.
Pour l’état, ce sera certes 0,6% de la masse salariale des entreprises en plus, et avec les 0,3% déjà pris ça ressemble de plus en plus à un impôt.
Mais tout le monde semble oublier que le but premier était de produire plus pour vendre plus, mais là encore, c’est un simple pari. Avec plus de 7% de chômeurs, on se trouve devant un dilemme : travailler plus va-t-il augmenter le nombre de chômeurs ?
Tout ça ressemble à du travail d’amateurs. L’état ferait mieux de fixer ses priorités d’en déduire ses objectifs et mettre en place progressivement des mesures globales. Comment expliquer que la diminution des tâches administratives se soit traduite par une augmentation du nombre de fonctionnaires ?
Les problèmes de l’état ne se résoudront pas par
des mesurettes dont l’impact n’a même pas été évalué