… faux problème !
La vente d’Opella — la filiale de Sanofi qui fabrique le Doliprane — au fonds américain- CD&R engage « la souveraineté de notre pays et [son] approvisionnement en médicaments ». C’est ce qu’a martelé, le 14 octobre à l’usine Sanofi de Lisieux, Antoine Armand, le ministre de l’Économie.
La production du Doliprane — dont on peut trouver une douzaine de molécules identiques à la vente en France n’est pourtant pas un enjeu de souveraineté. Seule l’est la production du principe actif, le paracétamol, acheté essentiellement en Chine et en Inde.
Sauf que Macron (peut-etre pour une fois) a tiré les leçons de la crise du Covid, durant laquelle Pékin préférait vendre ses molécules à des pays où le prix d’achat était plus élevé qu’en France.
Deux usines de production de paracétamol sont en construction dans l’Hexagone, à Roussillon, dans l’Isère, et à Toulouse.
À la fin de 2025, elles en produiront 18 000 tonnes, soit plus de deux fois la consommation annuelle française, la moitié de la consommation européenne et 10 % de la consommation mondiale. Aucun risque, donc, de voir la France privée de paracétamol.
Mais, alors, comment les membres du gouvernement ont-ils pu se laisser ainsi enfermer dans un faux débat sur la souveraineté sanitaire nationale ?
C’est François Ruffin qui a lancé l’offensive, fin septembre 2024 sur Instagram, rapidement suivi par la quasi-totalité des partis politiques, du Rassemblement national à LFI, en passant par certains macronistes.
Il a fallu attendre le 14 octobre 2024 pour entendre la première voix discordante.
« Il n’y a aucun risque sur notre souveraineté sanitaire », a assuré Roselyne Bachelot, ministre de la Santé sous Sarkozy, sur BFMTV. « C’est un bel exemple de courage du monde politique tétanisé par la situation. Personne n’ose aller à rebours de la course populiste du RN et LFI ». Merci Roselyne chroniqueuse ex-pharmacienne…
Tout est rentré dans l’ordre le 20 octobre 2024 par la grâce d’un accord avec Sanofi, qui a offert 1 à 2 % du capital de sa filiale Opella à la Banque publique d’investissement (BPI), assorti d’un strapontin au conseil d’administration. L’alliance pourrait toutefois coûter jusqu’à 320 millions d’euros.
Du vrai enfumage en somme.
LFI fait feu de tout bois, les médias y voyant un bon sujet pour vendre embrayent. Et voilà comment on prend les français pour des idiots et un gouvernement dont les finances sont aux abois dépense 320 millions pour rien