Pour Paolo Gentiloni, Bruno Le Maire est un menteur ou un incompétent.
Rendant son verdict, le 15 mai 2024, concernant les perspectives financières des pays de l’Union, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a estimé que la France n’arriverait pas à « maîtriser ses dépenses publiques en soutenant la croissance ».
En 2025, en effet, il faudrait économiser au moins 25 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 5,1 % du PIB, comme s’y est engagé Bercy. Retirée de l’économie, cette somme, estime le commissaire, aurait « un impact (négatif) sur la croissance », ce qui provoquerait une diminution des recettes fiscales et, donc, une nouvelle augmentation du déficit public.
Conclusion : le gouvernement doit choisir entre le redressement des finances publiques et le soutien de la croissance.
Interrogé par « Le Canard », un porte-parole de Bercy considère ces prédictions comme nulles : « Les déclarations du commissaire ne tiennent pas compte des mesures que nous prendrons dans le futur budget. Donc elles ne veulent rien dire. »
Le commissaire maugrée
Le malheur, c’est que ces sombres perspectives rejoignent le réquisitoire dressé par le Haut Conseil des finances publiques, une annexe de la Cour des comptes, qui estime que les prévisions de Bercy « manquent de crédibilité [car] un tel effort sur les dépenses n’a jamais été réalisé par le passé ». A supposer, même, que le gouvernement y parvienne, une « réduction des déficits » entraînerait une « croissance nettement plus faible » de l’économie, et donc un creusement du trou budgétaire.
Sans attendre la résolution de cette quadrature du cercle, Bruxelles ouvrira, à la mi-juin, une procédure pour déficit excessif contre Paris. Mais à quoi ça sert que Le Maire se décarcasse ?
Article signé des initiales H. M. Le Canard Enchaîné. 22/05/2024