Le coût de l’EPR

Avec une facture prévisionnelle passée de 51,7 à 67,4 milliards d’euros en deux ans, les six nouveaux réacteurs EPR voulus par l’Élysée et par EDF sont bien partis pour rattraper leur grand frère, l’EPR de Flamanville, dont le coût a été multiplié par quatre en dix-sept ans.

En dévoilant leur première estimation, le 18 février 2022, le gouvernement et l’électricien avaient annoncé que la douloureuse pourrait déraper au maximum de 4,6 milliards, en cas de difficultés sur les chantiers. Aujourd’hui, les premiers surcoûts atteignent 15,7 milliards. Sans compter les inévitables frais financiers, qui ne sont toujours pas chiffrés…

En lançant son programme de nouveaux réacteurs (baptisés « EPR2 »), l’électricien avait claironné qu’il réaliserait des économies en simplifiant le modèle mis en œuvre à Flamanville et en mettant six exemplaires en chantier.

Deux ans plus tard, ses dirigeants découvrent que les centrales nucléaires ne se construisent pas aussi facilement à la chaîne que les voitures ou les Cocotte-Minutes. Alors que quatre EPR 1 ont déjà été construits dans le monde et que deux autres sont en chantier en Angleterre, ils ont dû se rendre à l’évidence : chaque modèle d’EPR fait figure de tête de série, avec son lot de mauvaises surprises et de modifications obligatoires.

Résultat : il n’est plus question de produire de sitôt de l’électricité rentable avec les nouveaux EPR. Ce seuil financier ne sera atteint qu’à compter « du cinquième ou du sixième réacteur construit », assure désormais le délégué interministériel au nouveau nucléaire, Joël Barre, dans « Les Echos », qui ont révélé l’affaire (5/3).

En clair : pas avant 2050. Du moins si les plans ne changent plus, si les coûts restent sages et si les experts ne se mettent pas trop le doigt dans l’œil…


Article signé des initiales H.L. le Canard enchaîné. 06/03/2024


2 réflexions sur “Le coût de l’EPR

  1. bernarddominik 14/03/2024 / 13h45

    EdF manque visiblement d’ingénieurs capable d’estimer les coûts, normal on ne forme presque plus d’ingénieurs dans les domaines industriels et ouvrages d’art. Ces métiers ne sont plus valorisés et nos grandes écoles forment plus de vendeurs que de concepteurs.

  2. tatchou92 17/03/2024 / 18h29

    A part cela, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien..

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