Exploitation

Personne ne peut dire qu’il n’a pas dans son entourage, des mères de famille qui visitant régulièrement ses magasins entrepôts ou l’habillement est à bas coût : les, « Jennifer », « Zara », « Primark », « Mango », « H&M », « Benetton », où grandes surfaces diverses … mais pour autant savent-elles (sont-elles conscientes) que pour être vendu à ces prix extrêmement bas, des milliers, millions d’ouvrières, travaillent dans des conditions de promiscuités et sanitaires déplorables, entre 60 et 72 h pour des salaires « de misère » leur permettant tout juste de survivre (ce qu’aucune salariée européenne tolérerait). Dans le même temps grossistes et grandes marques engrangent des bénéfices démesurés qui plus est, sont « planqués » dans les paradis fiscaux. MC

En 2013, l’effondrement du Rana Plaza avait causé la mort de 1 138 ouvriers et ouvrières et avait laissé plus de 2 000 personnes blessées. Le drame survenu dans cette usine de confection bangladaise, sous-traitante des grands noms de la «fast fashion», avait alerté l’opinion mondiale sur les conditions plus que précaires des employés du secteur de l’habillement.

Quatre ans après la catastrophe du Rana Plaza, peu de choses ont changé, notamment en termes de salaire. Les rentes des employés du secteur restent dramatiquement basses.

Les géants de l’habillement tels Zara, Primark, Mango, H&M, Benetton, Walmart continuent de produire plus pour que leurs clients consomment plus (la consommation mondiale de vêtements devrait croître de 63 % d’ici à 2030).

«Vide juridique»

Zara est l’incarnation de cette fast fashion florissante. La marque, forte de 7 300 boutiques à travers le monde, annonçait en mars un bénéfice record de 3,16 milliards d’euros de ses résultats 2016.

«Le modèle économique de ces marques n’a jamais évolué, rappelle Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’étiquette. On fabrique à faible coût pour produire de grands volumes et faire plus de profits.

Ce qui évolue, « c’est la prise de conscience des consommateurs et les actions pour alerter les consommateurs.»

Dans un pays très corrompu comme le Bangladesh, « ces enseignes profitent du vide juridique pour trouver toujours plus de main-d’œuvre à bas coût.»

Réticences

Une loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre a finalement été adoptée en mars à l’Assemblée. Elle rend les entreprises françaises de plus de 5.000 salariés tous secteurs confondus juridiquement responsables des actions conduites par leurs filiales vis-à-vis des impacts sociaux et environnementaux. Les grandes enseignes ont l’obligation de rédiger un plan de vigilance qu’il leur faudra appliquer dès le 1er janvier.


Marie Ottavi, Libération – Titre original « Grandes enseignes : pour les salariés, des sacrifices à la chaîne » Source (Extrait)


Des ouvriers réclament leur salaire à Zara en cachant des SOS dans les poches des vêtements

Maud Darbois – Les Inrocks

A Istanbul, les travailleurs d’une usine de produits Zara ont fait le tour des boutiques de la marque pour crier leur colère et l’injustice de leur condition en dissimulant des messages dans les poches des vêtements.

J’ai réalisé cet article que vous êtes sur le point d’acheter, mais je n’ai pas reçu de salaire pour le faire” : voici l’une des dizaines de notes manuscrites  qu’ont retrouvées dans leurs vêtements les clients des boutiques Zara d’Istanbul. Ce SOS des ouvriers turcs est une réaction aux conditions de travail déplorables maintes fois dénoncées du groupe Inditex, qui détient notamment les marques Zara, Oysho, Pull&Bear ou Bershka. En effet, à cause de plusieurs impayés consécutifs à l’usine Bravo Tekstil à Istanbul, Zara – mais aussi Next et Mango, qui produisaient également sur place – ont participé à la fermeture précipitée de l’usine, qui du jour au lendemain a mis tous les ouvriers à la porte sans leur verser les salaires dus depuis plusieurs mois.

Bravo Tekstil, selon Refinery29, employait 140 ouvriers notamment pour la réalisation des pièces Zara (75 % du revenu global de l’usine) avant de fermer en juillet 2016. Cette fermeture a eu pour conséquence de laisser sur le carreau ces 140 ouvriers qui, du fait des difficultés financière de Bravo, n’avaient déjà pas perçu de salaire depuis quelque temps. Ainsi ce sont aujourd’hui directement au consommateur que les travailleurs s’adressent, dans l’espoir de faire passer leur message de façon plus efficace à Zara. En se tournant vers les clients, ils leur imposent le constat terrible des conditions de fabrication, et Zara se trouve isolé par l’action des ouvriers.

Dans un communiqué, le groupe Inditex a annoncé se pencher avec le syndicat IndustriALL sur une solution pour ces travailleurs contestataires, afin que leurs salaires en retard soient versés. L’idée d’un “fonds de précarité” a été évoqué, sous la forme d’une enveloppe couvrant les frais de ces paiements. Mango et Next, deux marques elles aussi impliquées, n’ont pas pris la parole sur les événements pour l’instant.

10 réflexions sur “Exploitation

  1. bernarddominik 07/11/2017 / 11h11

    Oui cette question est fondamentale, mais il est trés difficile d’en tenir compte vu le côté trés personnel du choix de vêtements . De plus quand on voit le prix des rares vêtements faits en France il faut être trés aisè pour les acheter (par exemple 70 € le slip français). Les fabriquants français se cantonnent au luxe et c’est bien dommage.

    • Libre jugement 07/11/2017 / 11h33

      Donc Bernard, si je suis ou poursuit ce raisonnement, il faut « surtout » que soit continué la vente a petit prix venant de l’importation….
      Bah, faudra dire ça à tous les ouvrières-ouvriers licenciés des tréfilages, usines de confection qui constituaient « les chaînes de fabrication française de l’habillement et qui supplantées par l’importation ont laissé des friches et autant de chômeuses-chômeurs sur le carreau.
      Non, je m’attendais a une autre remarque du genre : si le pouvoir d’achat progressait en France , en Europe, une re-industrialisation serait permise et viable d’une part et si le boycotte avait lieu envers ses marques d’autre part ainsi que l’interdiction de conclure des contrats commerciaux hors une stricte réglementation et quota d’importation, les choses évolueraient favorablement.
      En toute cordialité

      • Honorat Guillot Bernard 08/11/2017 / 10h09

        Tu as parfaitement raison. Mais le pouvoir d’achat des français tient en grande partie au prix bas des produits importés, le scandale provient du différentiel entre le prix d’achat en Asie et le prix de vente en France, Jean Jacques a parfaitement raison.
        Il serait évidemment bien mieux de réindustrialiser la France, et d’augmenter les salaires pour permettre d’acheter les produits made in France.
        Mais ma réponse se situait bien plus bas dans l’échelle des valeurs: au vu de la situation actuelle, peu de français peuvent se payer des slips à 70 euros.
        D’autre part je suis un chaud partisan du boycott des marques qui abusent des travailleurs.
        Mon problème c’est le manque d’information, et la difficulté de trouver des marques « honnêtes ». Si vous avez une liste, je suis preneur.

        • Libre jugement 08/11/2017 / 10h47

          Bien evidemment et ma remarque ira aussi a Françoise, je ne peux qu’approuver ce qui est dit en matière de coût des productions françaises … Oui mais alors, en disant cela, nous CONFIRMONS QUE la main-d’œuvre est trop cher en France et accordons raison à Macron et autres qu’il faut que les salariais et leurs charges sociales et avec eux les retraités, cessent de toujours réclamer une rémunération ou pension.

          Il ne cesse et c’est très bien de se constituer en France, des associations, artisans coopérateurs, très petites entreprises qui cultivent, produisent, vendent en économie solidaire, a des prix tout a fait acceptables et tous les associés clients trouvent leurs comptes dans cette vision d’économie partagée (quelques fois doublée par une monnaie solidaire egalement).

          • bernarddominik 08/11/2017 / 14h22

            C’est peut être le mode de distribution qui est à revoir, il n’est pas normal que le prix de revient du slip soit multiplié entre 5 et 10 fois par la distribution.

          • fanfan la rêveuse 09/11/2017 / 7h27

            Nous sommes dans un processus qui doit s’arrêter, c’est un cercle vicieux. J’ai remarqué que lorsque les salaires augmentent, la vie augmente.
            Regardons autour de nous, et posons nous plutôt la question de savoir pourquoi le travail quitte la France.
            Je ne valide aucunement nos politiques, je n’ai plus confiance en ces gens, je suis écoeurée…

  2. Jean-Jacques Badeigts 07/11/2017 / 18h25

    Sortis à moins de 2€ des usines asiatiques les jeans de marque sont vendus plus de 150€ dans nos belles boutiques. Même à 10€ sortis d’usine en France il resterait une belle marge. Mais voila les vampires du système ne veulent pas perdre le moindre centime. Alors tant pis pour les dégâts sociaux et puis si les chinois sont trop chers on ira au Bengladesh voire en Ethiopie ou bien en……..

    Tant que le monde n’aura pas conquis un droit du travail universel le système perdurera.
    Eviter ces boutiques qui vendent des produits réalisés par des ouvriers que l’on a « oublié » de payer est utile mais le problème est beaucoup plus vaste et penser à ce que l’on fait pour changer ce système pourri est une préoccupation d’une autre dimension et d’un niveau plus élevé.

  3. fanfan la rêveuse 08/11/2017 / 7h16

    Bonjour Michel,
    Je trouve que votre petit commentaire qui débute cette publication est quelque peu

    Je suis en accord avec bernardominik, dans notre foyer non plus il n’est pas possible de mettre 70 e dans un slip Français, je pense que la solution n’est pas là.
    Il faut des prix acceptable pour les différentes couches sociale. Car pour que notre société fonctionne il faut divers rangs sociaux, c’est logique.
    Attention je ne dis pas pour autant que la pauvreté doit exister.

    Je suis en accord avec Jean-Jacques Badeigts, le problème est bien là, l’abus des industriels, du chiffre encore et toujours, qu’importe l’esclavage et le sort de notre belle bleue.
    Après c’est humain, pourquoi payé cher, lorsque l’on peut payé à moindre coût, je ne valide pas pour autant ce comportement.
    Nous sommes dans une société qui n’a plus de limites et qui ne pense qu’en tant que productivité et bénéfice, l’Homme est actuellement dans la destruction de cette société, et semble ne pas s’en apercevoir…
    Encore une belle preuve, hélas, hier soir avec Cash Investigation…
    Bonne journée Michel.

  4. Libre jugement 09/11/2017 / 10h46

    Je suis très étonné par les commentaires qui ne relèvent presque tous que le coté client alors qu’a la base cet article était pour dénoncer les conditions de travail des ouvrières dans ces pays.

    C’était aussi en filigrane pour dénoncer le système économique mondialisé.

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