Après avoir prêté allégeance à l’Organisation de l’état islamique en mars dernier, le groupe Boko Haram s’est récemment rebaptisé Etat islamique en Afrique de l’Ouest. Loin de se cantonner au Nigeria, où il a vu le jour, il mène depuis près de deux ans des attaques systématiques dans le nord du Cameroun frontalier.

Dans la semaine du 5 au 10 janvier 2015, les dernières tueries macabres à l’actif de la secte terroriste Boko Haram font état de seize villages entièrement brûlés et rasés, d’une importante base militaire saisie, de plus de 2000 morts et des centaines de milliers de personnes réfugiées dans les brousses et les pays limitrophes du Nigeria (1).

Les forces armées nigérianes semblent totalement dépassées face à Boko Haram. Pourquoi?

C’est vrai. Depuis plus de dix ans, elles ont fait preuve d’une grande inefficacité. D’une part parce qu’elles ont été dans une logique de répression, qui a conduit à un cycle vicieux répression-représailles-répression, ce qui a plutôt favorisé une expansion du groupe Boko Haram (BH). D’autre part, l’armée nigériane est caractérisée par une énorme corruption, par des soldats peu payés, malgré la richesse du pays. Enfin, il faut savoir aussi qu’il y a des connivences entre certains officiers supérieurs et BH. Donc on peut dire que globalement, il y a une faillite de l’intervention de l’armée nigériane contre BH.