…. avec la Réforme de l’audiovisuel public…
Vous vous êtes peut-être réveillés en musique ce matin si vous avez l’habitude de vous brancher sur les ondes publiques.
Et pour cause, les salariés sont en grève contre la réforme de l’audiovisuel public défendue bec et ongles par la ministre de la Culture, Rachida Dati. Après trois tentatives depuis juin 2024, la proposition de loi est examinée à partir de cet après-midi en séance à l’Assemblée nationale. L’objectif : réunir dans une même holding France Télévisions, Radio France et l’INA. Outre les mesures d’économies nuisibles à la qualité des contenus déjà expérimentées par nombre de journalistes notamment dans les antennes locales, c’est un retour aux vieilles méthodes de l’ORTF qui est redouté et dénoncé.
Car la fameuse holding aurait une seule personne à sa tête choisie par l’Arcom, dont le président est lui-même nommé… par le chef de l’État. Ou comment s’assurer de l’emprise du pouvoir. La ministre « assume sa position avec des propos dénigrants et hostiles au journalisme de l’audiovisuel public. Elle souhaite la fin du reportage, de l’investigation et veut des médias, comme ceux de Vincent Bolloré, où il n’y a ni d’enquête ni révélations sur la corruption des dirigeants politiques », résume ce matin dans nos colonnes l’historien spécialiste des médias, Alexis Lévrier. L’épisode des menaces proférées sur le plateau de « C à vous » à l’encontre des journalistes, qui l’interrogeaient sur les rémunérations qu’elle a perçues de GDF Suez lorsqu’elle était eurodéputée, est à cet égard révélateur.
Julia Hamlaoui.
Alors, ce 18 juin, Rachida Dati réserve la surprise du chef à Patrick Cohen, coupable de se mettre en travers de son projet. Rien d’impulsif, tout est préparé : l’effet de surprise, la dramaturgie, l’estocade. Elle exhume un article de Mediapart passé sous les radars en février, qui évoquait une rudesse de Patrick Cohen dans les relations de travail, du harcèlement, un management toxique.
Quand celui-ci tente de l’interroger, elle le renvoie dans ses buts en employant à dessein – elle, qui est magistrate – ces mots : « une enquête de Mediapart a été ouverte », laissant le spectateur penser que le journaliste est dans de beaux draps judiciaires. Anne-Elisabeth Lemoine, qui anime l’émission, tente-t-elle de s’interposer ? Dati sort de sa besace un article de « Marianne », cette fois sur la mauvaise ambiance interne de l’émission. La stratégie du double coup de boule !
Mais quel sera l’impact, sur les votes à l’Assemblée nationale, de cette séquence où la ministre de tutelle de l’audiovisuel public s’en prend avec une violence inédite aux journalistes de l’audiovisuel public ?
« Il faut savoir que la majorité des députés, dit l’un d’eux, se fichent complètement des questions culturelles. Ils ne voient dans la création d’une holding coiffant France Télévisions et Radio France, dans la nomination d’un président unique, que des histoires de tuyauteries et de gouvernance. »
En revanche, ajoute un dirigeant de l’audiovisuel public, « il y a désormais un sujet Dati : pour ou contre ». La séquence de « C à vous » pourrait bien peser dans les débats parlementaires.
Sauf qu’il n’est pas facile de dire de quel côté tombera finalement la pièce.
Extraits d’un article du Nl Obs signe par Véronique Groussard.29/06/2025
Cette femme a un pouvoir de nuisance incroyable. Comme Sarkozy elle est corrompue. Une plaie.
Je n’arrive pas à aligner Dati et Culture.