Les méfaits…

… des réseaux sociaux
prioritairement sur les adolescents !

L’effet « exacerbé » des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes

 Sombre coïncidence : la publication du rapport de la fondation KidsRights intervient au lendemain du meurtre d’une surveillante de collège par un adolescent de 14 ans et d’une tuerie de masse dans un lycée autrichien, perpétrée par un ancien élève de 21 ans.

Basée à Amsterdam, la fondation travaille en collaboration avec l’Institut international d’études sociales et École d’économie Erasmus de l’université de Rotterdam. Elle publie le premier — et à ce jour le seul indice dédié aux droits des enfants. Sa 13, édition révèle l’urgence de lutter contre l’impact néfaste du numérique sur les jeunes.

Premier enseignement : malgré « des progrès » dans certains pays, ça ne va pas. « Plus de 14 % des enfants et adolescents âgés de 10 à 19 ans dans le monde souffrent de problèmes de santé mentale », avec un taux moyen de suicide atteignant 6 pour 100 000 chez les 15-19 ans.

« Le temps des demi-mesures est révolu »

« C’est un signal d’alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Le temps des demi-mesures est révolu, il y a urgence à agir », martèle Marc Dullaert, fondateur et président de KidsRights. Selon lui, « la crise de santé mentale et/ou du bien-être de nos enfants a atteint un point critique, exacerbée par l’expansion incontrôlée de réseaux sociaux qui privilégient l’engagement au détriment de la sécurité des enfants ».

Évoquant une « boîte de Pandore numérique », le rapport identifie une inquiétante corré­lation entre « l’utilisation problématique » des réseaux sociaux et la détérioration de la santé mentale. Par « problématique », entendre « une utilisation compulsive et addictive, le plus souvent sans contrôle ou limites posées par des adultes ».

Interdiction des réseaux : attentions aux libertés.

Soutenue par la France et l’Espagne, la Grèce a proposé la semaine dernière lors d’une réunion ministérielle au Luxembourg d’encadrer l’utilisation des plateformes en ligne (messageries, Snapchat, TikTok…) par les enfants, face à leur caractère addictif.

Dans la foulée du drame de Nogent, Emmanuel Macron a déclaré vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans — quitte à y aller « seul ». Car le sujet fait débat au sein de l’Union européenne. « On aurait une réponse plus efficace si on pouvait légiférer au niveau européen. Mais si un consensus ne se dégage pas, la France montrera la voie dans les pro­chains mois », a défendu mercredi matin Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe. Face à certains doutes sur la faisabilité, le président a assuré qu’une telle interdiction serait techniquement « tout à fait faisable » en imposant les systèmes de vérification de l’âge des utilisateurs déjà mis en place en France pour les sites pornographiques.

Pour autant, KidsRights identifie notamment un problème en amont : les questions de liberté, illustrées par l’Australie, qui s’apprête à interdire les réseaux sociaux avant 16 ans : malgré l’intention, louable, Kids-Rights s’inquiète que « ces interdictions générales, portent atteinte aux droits civils et politiques des enfants, notamment à leurs droits à l’information, à la vie privée, à la liberté d’association, à la santé, au développement ou encore à l’éducation ».


Extraits d’un article paru dans Le Dauphiné du 12/06/2025


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.