Se sont-ils donnés le mot.

Se fichent-ils de la Commission sénatoriales ?

Selon les chefs d’entreprises auditionnés, il ne faudrait pas parler d’aides publiques, mais de « compensation ».

Ce sont ces termes que Patrick Martin, président du Medef, présente les choses, les aides publiques sont là à ses yeux pour « corriger les effets pervers des législations ou réglementation », prises, estime-t-il, « contre la rationalité économique ». Il donne un exemple, en Allemagne les entreprises bénéficient d’un tarif de l’électricité avantageux, que compensent les ménages allemands, qui la paient, eux, 42 % plus cher qu’en France admet le président du Medef.

Idem dans la bouche de Philippe Salle, PDG d’Atos, auditionné un peu plus tôt pour qui « le Cice ou le crédit impôt recherche ne sont pas des aides, mais un moyen d’atténuer les conséquences très douloureuses du coût du travail en France », qui plus est, déplore-t-il, « avec un contrôle poussé et des dossiers complexes ».

  • Le patron du Medef défend les aides aux entreprises

Non contente de verser des aides, l’Administration se montrerait tatillonne… Atos a touché en 2023 59 millions d’euros d’aides diverses, toutes fléchées vers les salariés français du groupe assure son PDG, alors même « qu’un ingénieur indien nous coûte cinq fois moins cher qu’un ingénieur français ». Ajoutant « et il travaille 40 heures par semaine ». Atos est passé en deux ans de 110 000 salariés à 80 000, dont la moitié désormais est employée en Inde, en Roumanie ou Pologne.

C’est grâce aux aides aux entreprises que la France « n’est pas un pays de dumping social » assure Patrick Martin, qui brocarde encore l’« illisibilité » de ces subventions. Ce qui ne l’empêche pas d’en réclamer davantage, « les aides à l’industrie représentent 10,5 % du PIB en France, c’est 22 % en Suisse, qui maintient ainsi son tissu industriel ». Le président du Medef prédit même un effondrement à venir de l’apprentissage en France, en raison de la diminution des aides publiques à cette forme d’emploi.

La structure même du capitalisme des grandes entreprises empêcherait de toute façon tout bougé, suggère Patrick Martin, depuis que « la moitié du CAC 40 est détenue par des investisseurs étrangers ». « L’actionnariat étranger n’est pas patriote », rappelle alors le président de la commission, Olivier Rietmann. « L’actionnaire qui vient développer l’entreprise, c’est devenu un mythe, c’est peanuts, il vient faire de la rentabilité à court terme », renchérit le rapporteur Fabien Gay, (par ailleurs directeur de l’Humanité).

En propos liminaire, le président du Medef s’était livré à une attaque en règle de diverses taxes et impôts. « Il faut regarder la performance des impôts, l’IFI (un succédané édulcoré de feu l’impôt sur la fortune, limité à la propriété immobilière, NDLR) a un impact négatif sur l’investissement locatif ». Taxer moins, aider encore plus, le prédécesseur de Patrick Martin à la tête du Medef avait promis avec cette politique « un million d’emplois ». On les cherche encore.


Lionel Venturini. Source


2 réflexions sur “Se sont-ils donnés le mot.

  1. bernarddominik 09/05/2025 / 8h29

    Perso je pense qu’il faut cibler les aides et réductions de charges en fonction de l’utilité publique et des bénéfices. Aider une entreprise qui gagne des milliards est ridicule. Mais baisser le coût des exportations en réduisant les charges permet de faire face à la concurrence.

  2. raannemari 09/05/2025 / 18h05

    Qu’en termes choisis ces choses là sont dites. Les euphémismes du patronat parasite devraient faire hurler.

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