En 1999, 40 000 manifestants altermondialistes envahissaient Seattle pour protester contre un nouveau cycle d’ouverture des échanges piloté par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). La violence des affrontements avait marqué les esprits.
La fracture idéologique actuelle où une partie de la gauche attribue les problèmes économiques à la compétition commerciale, tandis que la droite populiste, notamment avec Donald Trump, semble réaliser ce rêve. Cela se manifeste par une volonté de restaurer des tarifs douaniers élevés, à l’instar d’avant 1945, ce qui pose la question de l’efficacité de cette stratégie. L’histoire du libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, qui a favorisé la croissance et la paix, est remise en question. Trump cherche à relancer l’industrie américaine et à augmenter les recettes fiscales via ces nouvelles taxes douanières, tout en promettant des réductions d’impôts.
Trump rêve en fait de revenir aux inégalités du XIXe siècle, quand les individus, même riches, ne payaient pas d’impôts et que les taxes commerciales (pesant plus sur les pauvres) finançaient un État qui n’assurait aucun service social à ses citoyens.
Ce protectionnisme peut-il vraiment fonctionner dans un monde où les pays sont spécialisés et les compétences industrielles inégalement réparties ? Les entreprises internationales investiront-elles aux États-Unis pour éviter des taxes, ou cela conduira-t-il à un chaos mondial et à des menaces de guerres dues à l’absence de liens commerciaux ?
Actuellement, l’espoir de stopper Trump et ses actions repose sur une crise boursière similaire à celle de 1929 qui inciterait les Américains à se rebeller contre lui et ses alliés. Des signes de faiblesse sont déjà visibles sur les marchés. Cela coûtera cher à l’Europe, mais une crise boursière a toujours tendance à se résoudre avec le temps.
D’après un article de Claude Soula. Le Nl Obs N° 3159. 10/04/2025

Dessin de Vuillemin – Charlie Hebdo. 09/04/2025