À force, de parler dans le vent…

… ces blouses blanches en ont eu marre.

« Produire des publications scientifiques pour décrire l’effondrement du vivant en cours sans que ces résultats soient considérés ou, pire, qu’ils soient niés », tel est le constat. d’échec.

Se contenter d’« informer les décideurs » sans engager un dialogue significatif avec eux revient à observer passivement l’inertie des actions politiques, et à constater année après année que ceux-ci ne décident rien du tout, ce qui s’illustre parfaitement par le fiasco des deux dernières COP.
Cette approche, qui pourrait sembler prudente au premier abord, contribue finalement à perpétuer une situation où le manque d’engagement tangible empêche toute avancée significative.
Par conséquent, il devient crucial de réévaluer les responsabilités éthiques des acteurs impliqués, afin de favoriser non seulement l’information, mais aussi un dialogue constructif et des actions proactives pour faire face aux urgences environnementales et sociales contemporaines.

En 2020, des chercheurs du monde entier ont fait voler en éclats le carcan de la « neutralité ». Ils se sont rassemblés au sein de Scientist Rebellion, qui revendique 1200 membres dans 26 pays.

Sa branche française, Scientifiques en rébellion, vient de publier un libelle dans lequel il est rappelé cette simple vérité : les sciences ne sont pas le fait de purs esprits désintéressés œuvrant dans le seul but de « dire le vrai » et de permettre à l’Homme de marcher sur le chemin glorieux du Progrès chanté par Hugo : « Les sciences sont d’abord l’outil des États et des entreprises qui les financent. »
Lesquels poursuivent toujours les mêmes buts. Productivité. Compétitivité. Croissance de l’économie, de la production, de la consommation, des biens, des flux, des plus-values.

Au bout de quatre ans, quel bilan pour ces chercheurs français engagés, dont la moitié, ce n’est pas étonnant, sont spécialisés dans les sciences de la Terre et du vivant ?

Ils s’étaient mis d’accord sur quatre objectifs :

  • alerter sur les consensus scientifiques concernant la gravité de la catastrophe écologique en cours ;
  • dénoncer les contradictions entre idéologie de la croissance infinie et possibilité d’un monde vivable
  • instaurer un rapport de force avec entreprises et institutions ;
  • réorienter l’enseignement supérieur.

Accord, aussi, sur les méthodes :

  • alertes médiatiques,
  • désobéissance civile non violente,
  • soutien à des actions collectives comme une manif contre les mégabassines,
  • le blocage d’une écluse au Havre pour protester contre un nouveau terminal méthanier (ils seront jugés ce vendredi 6),
  • un engluage dans un stand de BMW en Allemagne…

D’où gardes à vue, détention provisoire, plaintes, amendes et procès.

Ces chercheurs sortis de leurs labos en seraient presque étonnés : non seulement les médias ont été bienveillants à leur égard, mais leur engagement a renforcé la confiance […]

Dans un monde où les succès semblent éphémères et où les défis se multiplient à chaque étape, il est légitime de s’interroger sur l’impact réel de ces accomplissements. Ces victoires, bien que gratifiantes sur le moment, doivent être suivies d’une réflexion profonde sur leur signification et leur valeur à long terme.

Sont-elles le signe d’une progression ou simplement des jalons sur un chemin parsemé d’obstacles ? La quête de sens devient alors une nécessité, afin de donner une direction et une motivation à ces moments de revendications..


Une réflexion sur “À force, de parler dans le vent…

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.