L’ex-potion… Syrie, Bachar al-Assad, RN, Le Pen !
Pour Marine Le Pen, le RN et leurs alliés, la chute du dictateur syrien et de son terrible régime est loin d’être une bonne nouvelle. Voici pourquoi.
Lundi 9 décembre, 9h du matin. Alors que cela fait plus de 24 heures que Bachar al-Assad a été renversé en Syrie, Marine Le Pen (qui a pourtant toujours pour ambition de devenir cheffe de l’État), n’a pas eu le moindre commentaire sur ce bouleversement géopolitique d’ampleur.
Au Rassemblement national, c’est Jordan Bardella qui s’est chargé d’éclaircir la position du parti. Interrogé sur le plateau de Dimanche en politique sur France 3 dimanche 08/12/2024, il a répondu en brandissant de potentiels effets néfastes pour la France. « Dans quelques mois, il est possible que nous payions les conséquences de cette prise de pouvoir des fondamentalistes islamistes par des flux migratoires importants », a répondu le président du RN, avant d’appeler l’Union européenne à « anticiper le risque d’un déferlement migratoire, où pourraient se glisser des terroristes islamistes ».
Une position partagée par son allié Éric Ciotti, qui prédit un « un chaos aux conséquences incalculables, notamment migratoires pour l’Europe ». Comme si le « boucher de Damas » et son régime de terreur n’étaient eux-mêmes pas responsables de l’exil de plusieurs centaines de milliers de Syriens depuis le début de la guerre de la civile. Qu’importe pour l’extrême droite française, qui persiste à présenter Bachar al-Assad comme un rempart face à l’islamisme, même s’il est établi que le dictateur syrien a sciemment libéré des centaines de jihadistes en mai 2011.
Le profil du leader des rebelles islamistes syriens, Abou Mohammad al-Jolani, est d’ailleurs brandi comme une preuve que la chute du dictateur syrien, en dépit des multiples atrocités qu’il a commises, est nécessairement une mauvaise nouvelle. […]
Connu pour son positionnement pro-Russe et sa proximité avec Bachar al-Assad, l’eurodéputé RN Thierry Mariani vient sans surprise au secours du dictateur syrien, en reprenant le narratif (martelé par ailleurs par Vladimir Poutine) d’un pays dorénavant laissé aux mains des islamistes. […]
Si l’ensemble des chancelleries occidentales expriment leur satisfaction de voir tomber ce régime, toutes formulent leur vive inquiétude et leur vigilance sur la transition à venir. Car se réjouir de la fin d’une dictature au bilan humain effroyable est une chose, et demeurer lucide sur la suite des événements en est une autre.
Or, le Front national, puis le Rassemblement national, n’a jamais fait autre chose que de soutenir Bachar al-Assad, pourtant ostracisé du concert des nations, au prétexte qu’il était — a minima — un « moindre mal » face au jihadisme.
« Le camp du mal c’est Daech. Est-ce que Bachar envoie des soldats tuer nos enfants dans nos rues ? », interrogeait Marine Le Pen en 2017, sans s’interroger sur la responsabilité du dictateur syrien dans l’éclosion de l’État islamique. […]
Plus récemment, en 2022, Marine Le Pen appelait à reprendre les relations diplomatiques avec le dictateur syrien. aussi participé aux défilés des figures d’extrême droite aux côtés de Bachar al-Assad. […]
Romain Herreros. Huffington Post – Source (Extraits – Lecture libre)
C’est facile aujourd’hui de lancer la pierre au RN et à LFI qui appelaient à normaliser les relations avec la Syrie de Bachar el Assad. Rien ne permet de préjuger des futures actions du HTC largement financé par la Turquie et on va probablement voir bientôt « mise au pas » des kurdes. Le rôle du gouvernement est de maintenir des relations diplomatiques avec tous les autres états, le jugement sur leur régime pilitique appartient à chacun.
Une nouvelle source d’inquiètude dans cette région du monde, déjà bien bouleversée.. et les populations locales « trinquent » …