Ne pas asphyxier les collectivités…

Denis Öztorun, maire et vice-président de l’Association des maires de France, alerte sur les coupes que le gouvernement veut imposer aux collectivités, dont pâtiront à la fois les services publics et l’économie nationale.

Michel Barnier prévoit de retirer 5 milliards d’euros aux collectivités locales. Quelle est la position de l’Association des maires de France (AMF) ?

[…] De plus, le chiffre de 5 milliards d’euros est faux puisque l’État prévoit une ponction de 3 milliards sur les collectivités, une baisse de 1,2 milliard sur la compensation de la suppression de la taxe d’habitation et de la CVAE, une coupe de 1,5 milliard sur le Fonds vert alors que c’est un outil d’investissement précieux, un gel de 800 millions sur la FCTVA, ainsi que 3 milliards d’euros d’inflation non compensés.

On arrive à une note de 9,5 milliards d’euros.

Après les 11 milliards ponctionnés en trois ans par François Hollande, […], l’heure n’est pas du tout à asphyxier les collectivités.

  • Quelles seraient les conséquences d’une telle cure ?

Beaucoup de collectivités risquent de se retrouver au bord de la faillite, à moins de baisser leurs investissements, de supprimer des postes d’agents et de fonctionnaires, et de diminuer des prestations publiques. […]

La réalité, c’est que ce sont les services publics, donc la population, qui vont payer la note, avec des conséquences néfastes pour tous les citoyens, en particulier pour les plus modestes..[…]

  • L’autonomie économique des communes est-elle en train de fondre ?

Elle est gravement fragilisée. Il ne nous reste plus que la taxe foncière comme outil de souveraineté. Le budget de ma commune passe par 30 % d’impôt local et 70 % de versements d’un État qui n’arrête pas de se dédire. Les collectivités s’étaient adaptées aux temps difficiles connus ces dernières années et au moment même où elles allaient pouvoir se relancer, l’État décide de les ponctionner à nouveau.

Nous avions pourtant largement pris notre part. Je ne vois pas à quoi vont servir ces coupes alors que la dette de l’État est de 3 200 milliards d’euros. L’exécutif ferait mieux de s’attaquer aux véritables questions, à la fiscalité et aux marchés financiers. Il essaie, de plus, de semer la division entre les communes de moins de 10 000 habitants et les autres, arguant que toutes ne seront pas touchées de la même manière.

Mais, la réalité, c’est que les petites communes seront, elles aussi, victimes des coupes dès lors que les régions, les intercommunalités et les départements ne pourront plus les aider. Le congrès des maires, en novembre, s’annonce donc musclé, car nous sommes solidaires et nous ne laisserons pas faire.


Aurélien Soucheyre. Source (extraits)


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